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Stress tests: les scénarios catastrophes qui attendent les banques

Ces stress tests européens sont plus sévères que les précédents, menés en 2011.

Ces stress tests européens sont plus sévères que les précédents, menés en 2011. - -

L'Autorité bancaire européenne (ABE) a dévoilé, ce mardi 29 avril, les hypothèses retenues pour conduire ces tests des résistances, qui vont confronter les bilans des banques à des situations extrêmes. Le but: s'assurer de la bonne santé du secteur.

C'est une séance de torture en règle. Ce mardi 29 avril, l'Autorité bancaire européenne (ABE) a publié les scénarios "catastrophes" qui serviront de base aux "stress tests" bancaires. Il s'agit des tests de résistance menés pour évaluer la solidité du secteur bancaire et dont les résultats seront publiés en octobre.

Les hypothèses dans le scénario "adverse", c'est-à-dire celui qui mettra vraiment à l'épreuve les bilans des 124 banques testées, sont fortes. L'ABE retient ainsi une récession de 0,7% en 2014 dans l'Union européenne, puis de 1,4% en 2015 avant une légère hausse en 2016, de 0,1%.

Le chômage dépasserait alors 13,5% et l'immobilier se serait effondré de 14%. En outre, le prix des actions européennes chuterait de plus de 18% d'ici à 2016.

A simple titre d'exemple, pour la France seule, le chômage franchirait la barre des 12%, et la croissance fléchirait de -0,4% en 2014 et de -1,1% en 2015, avant une petite hausse de 0,4% en 2016.

Dexia, un contre-exemple

Ces "catastrophes économiques" auraient alors d'importantes répercussions sur les bilans des banques, avec la multiplication des défauts et des créances douteuses.

Pour passer avec succès ces tests, les banques devront, à l'issue des simulations effectuées par l'ABE, afficher un ratio fonds propres/risques supérieur à 5,5%.La BCE a fait savoir que les banques auront ensuite 6 à 9 mois pour combler les besoins de fonds propres qui seront identifiés à l'issue de ces tests.

Les scénarios retenus par l'ABE sont volontairement sévères car les précédents tests de résistance menés par l'autorité européenne avaient été critiqués pour leur manque de sévérité.

L’exemple le plus souvent cité est Dexia. La banque franco-belge avait réussi haut la main les stress tests en 2011, quelques mois avant que les Etats belges et français ne décident d’acter son démantèlement. D'où la sévérité de ces nouveaux tests.

Julien Marion