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Pour Moody's, les banques françaises restent fragiles

Les capacités des banques françaises à se financer sont bien plus faibles que celles de leurs concurrentes, estime Moody's.

Les capacités des banques françaises à se financer sont bien plus faibles que celles de leurs concurrentes, estime Moody's. - -

Dans un communiqué publié le 21 mai, l'agence de notation américaine affirme que les banques françaises sont plus fragiles que leurs concurrentes. En cause en particulier: la hausse du plafond du Livret A.

Certes, les capacités de financement des banques se sont améliorées en 2012. Et 2013 commence sur une note positive, estime Moody's dans son communiqué paru le 21 mai.

Mais l'agence américaine s'inquiète du retard pris par les établissements financiers français par rapport à leurs concurrents internationaux. Leur "profil de fonds" ou leur ratio de liquidité sont plus faibles que ceux des autres banques de même taille dans le monde. Ce qui rend les Françaises plus fragiles.

En cause, selon l'agence: "la concurrence accrue sur les dépôts bancaires" entre les différents produits d'épargne. En ce sens, le récent relèvement du plafond du livret A, décidé par le gouvernement Ayrault pénalise les établissements.

Le marché toujours susceptible de se retourner

L'épargne qui s'y trouve est en effet majoritairement destinée à financer les projets gouvernementaux. Seule une partie de ces encours, moins de 40%, sert au financement des banques. Alors qu'elle peuvent utliser plus librement les fonds placés sur les contrats d'assurance-vie.

Les établissements français deviennent alors encore plus dépendants des émissions obligataires ou des investissements à risque pour se financer. Or si leurs derniers appels au marché se sont bien passés, les analystes de Moody's n'excluent pas un retournement de tendance lié aux incertitudes qui demeurent en zone euro.

Nina Godart