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La BCE va éplucher les bilans des banques dès novembre

La BCE commencera en novembre son opération vérité "sur les banques européennes".

La BCE commencera en novembre son opération vérité "sur les banques européennes". - -

La Banque centrale européenne a, ce mercredi 23 octobre, présenté les modalités de sa "revue de qualité" des actifs bancaires européens. Un véritable test de santé qui doit lui permettre une remise en ordre dans le paysage bancaire

C'est un peu l'état des lieux avant le rachat de l'appartement. Ce mercredi 23 octobre, la Banque centrale européenne a précisé le calendrier et les modalités de sa "revue de la qualité des actifs bancaires européens".

Cette "opération vérité" sur les bilans des banques européennes doit lui permettre de remettre un peu d'ordre avant d'endosser son costume de grand gendarme des établissements de la zone euro. Explications.

> Qu'est-ce qu'une revue de la qualité des actifs bancaires?

La BCE va passer au peigne fin les bilans des banques de la zone euro en vérifiant notamment que celles-ci sont suffisamment solides.
Ce grand examen commencera à partir de novembre.

Il doit également permettre à la BCE d'établir les profils de risques des différentes banques et juger leur vulnérabilité. Des tests de résistance, sorte de séances d'examen des bilans de banques, compléteront ensuite cette évaluation.

> Pourquoi la BCE effectue-t-elle cette revue?

En novembre 2014, la BCE va devenir l'unique régulateur des plus grandes banques de la zone euro, soit 130 établissements pour 85% des actifs bancaires. Mais avant de prendre en charge cette responsabilité, la BCE veut savoir où elle met les pieds. D'où la nécessité pour elle de bien connaître le bilan des banques.

Dans son communiqué, la BCE explique qu'il existe "une perception selon laquelle les bilans bancaires ne sont pas transparents". Elle indique ainsi que l'opération doit "améliorer la transparence", "réparer" les bilans en identifiant "des mesures de correction", et "restaurer la confiance".

> Quel est le but final?

En s'assurant de la bonne santé du secteur bancaire et en devenant le régulateur unique de ces 130 établissements, la BCE veut éviter que les Etats ne soient une nouvelle fois obligés de voler au secours d'une banque en difficulté. Et donc que le contribuable ne paie pour la mauvaise gestion d'un établissement.

Rappelons que le naufrage de Dexia a tout de même coûté 6,6 milliards d'euros à la France selon la Cour des comptes. La BCE rappelle aussi que, depuis le début de la crise en 2008, 275 milliards d'euros de fonds publics ont été injectés dans les banques, soit 5% du PIB de la zone euro.

> Quelles banques sont concernées en France?

Un douzaine d'établissement est concernée. Les six grands sont là: BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, BPCE, Crédit Mutuel et la Banque Postale. Mais on trouve aussi les banques de PSA et Renault, PSA Finance et RCI. Ainsi que des établissements publics, comme la BPI.

> Que peut décider ensuite la BCE?

La BCE demande à ces banques de disposer d'un ratio de fonds propres (capital social et réserves) sur risques au moins égal à 8%.

En dessous de ce plancher, elle pourra formuler des demandes contraignantes aux banques. Elles pourraient notamment devoir se recapitaliser, ou céder des actifs, voir des pans d'activité entiers.

Julien Marion