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Art2M: "On apprend autant de ses échecs que de ses succès"

Art2M a produit Water Light Graffiti, une oeuvre d'art numérique.

Art2M a produit Water Light Graffiti, une oeuvre d'art numérique. - Capture Vimeo - Digitalarti

Anne-Cécile Worms dirige Art2M, une société qui produit et diffuse des oeuvres d'art numériques. Elle a accepté d'évoquer son entreprise et son parcours sur BFMBusiness.com. Interview.

Anne-Cécile Worms est la "CEO" de Art2M, une "société spécialisée dans la production et la diffusion d'oeuvres d'art numériques". Elle a accepté de répondre aux questions de BFMBusiness.com.

Que propose Art2M à ses clients?

C'est une société qui offre plusieurs services. Nous faisons de l'événementiel clé en main, comme de la location d'oeuvres d'art pour de grands groupes. Nous l'avons fait récemment avec la SNCF, pour qui nous avons installé une horloge connectée à la Gare de l'Est. Nous proposons aussi des exposions clés en main.
Nous montrons également aux entreprises quelles innovations numériques pourraient être utiles dans leur domaine d'activité. 
Mais notre vrai 'business model' c'est la coproduction d'oeuvres. Nous signons des artistes sur des oeuvres et nous l'aidons pour les brevets, la recherche et développement. Nous l'amenons vers l'industrialisation de son travail. C'est ce que nous avons notamment fait avec Water Like Grafitti (voir la vidéo plus bas).

Comment faites-vous pour pérenniser votre modèle?

Nous repérons entre trois et cinq oeuvres par an, sur lesquels nous investissons. Ensuite, nous les louons, nous les commercialisons... Nous organisons également des temps forts, notamment pendant la Fiac, à Paris.
J'ai par ailleurs lancé en juin 2014 le site Makery, qui a notamment pour but de rendre compte de toutes les innovations, dans le monde entier, et pas seulement par les grands groupes. Nous nous intéressons aussi aux laboratoires indépendants. Grâce à ce nouveau média, on 'scout' (faire de reconnaissance, ndlr) les innovations. En tout, nous avons déjà cartographié plus de 500 laboratoires.

Vous avez eu un parcours atypique, pouvez-vous nous en dire plus?

En effet, je suis entrepreneuse et éditrice. J'ai créé il y onze ans MCD, un magazine sur les cultures digitales. Dans les années 2000, j'ai également eu une start-up lors de la bulle internet. Je ne l'ai pas vendue à temps, j'ai donc fait faillite. Puis en 2009, j'ai lancé Digital art international, qui est devenu Art2M en 2014.

Comme aviez-vous vécu l'échec de votre start-up?

En France, il est dur de parler de ces échecs. Moi, cela ne me dérange pas. On apprend autant de ses succès que de ses échecs, c'est la raison pour laquelle j'accepte d'en parler. Ma start-up, dont le domaine d'activité était la musique électronique, avait des bureaux à New York, employait 16 salariés. Cela m'a donné une vraie expérience, notamment en terme de levée de fonds. Mon échec a finalement été très utile.
Maxence Kagni