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Fonds de garantie à l'initiative des femmes: une aide pour lancer son entreprise

Les banques françaises recourent au FGIF.

Les banques françaises recourent au FGIF. - Patrick Kovarik - AFP

Encore assez peu connu, le Fonds de garantie à l'initiative des femmes (FGIF) permet de faciliter l'accès des femmes entrepreneurs au crédit bancaire. Jean-Dominique Bernardini, responsable TPE et relations bancaires chez France Active, un des organismes en charge de la mise en place de ce dispositif, a accepté de répondre aux questions de BFMBusiness.com.

"Le Fond de garantie à l'initiative des femmes (FGIF) sert à lever les freins qui empêchent certaines femmes entrepreneurs d'accéder au crédit." Jean-Dominique Bernardini est responsable TPE et relations bancaires chez France Active, un des deux organismes chargé de mettre en œuvre le FGIF. Il a accepté pour BFMBusiness.com d'expliquer les modalités de fonctionnement de ce fonds.

> Pourquoi un tel fonds?

"Je ne veux pas accuser les banques de discrimination. Le FGIF est nécessaire car certaines femmes se trouvent dans des situations délicates d'un point de vue personnel, patrimonial ou n'ont pas d'emploi: leurs projets sont moins capitalisés, il est plus difficile de les mettre en place", explique Jean-Dominique Bernardini.

"Toutes les banques françaises utilisent le FGIF", continue ce dernier. En 2013, 77% des femmes qui ont bénéficié du dispositif étaient au chômage au moment de créer leur activité.

> A quoi sert ce fonds?

Il sert à garantir le risque financier pris par un établissement bancaire prêtant une somme d'argent à une femme entrepreneur. "Le FGIF permet l'accès au crédit bancaire dans de bonnes conditions car il protège le patrimoine des dirigeantes. Les banques ne prennent pas de cautions ou de garanties personnelles", explique Jean-Dominique Bernardini.

> Qui peut en bénéficier?

"Les femmes qui créent, reprennent ou développent une entreprise. Elles doivent être gérante de fait et de droit de l'entreprise. Ainsi, une femme peut s'associer à un homme, mais elle doit être majoritaire dans le capital de l'entreprise." Cette dernière doit être reprise ou créée depuis moins de cinq années.

> Comment cela fonctionne?

Les personnes intéressées doivent remplir un dossier et le retourner à l'organisme en charge du FGIF dans le département. La femme entrepreneur peut être aidée pendant "10 ou 15 heures" afin de "travailler sur son projet, le viabiliser", selon Jean-Dominique Bernardini. Ensuite, un comité étudie le dossier et décide ou non d'accorder à l'entreprise le bénéfice du FGIF. "Si la réponse est positive, alors le projet est en quelque sorte labellisé."

> Comment mettre toutes les chances de son côté?

"Pour se donner toutes les chances de succès, il faut tenter de se faire aider en amont par d'autres organismes lors de la phase d'émergence du projet. Faire des études de marché, mais aussi étudier la réglementation en vigueur dans le secteur d'activité visé... Dans tous les cas, il faut avoir un dossier bien ficelé avant d'aller devant une banque", assure le responsable TPE et relations bancaires chez France Active.

> Une garantie à quelle hauteur?

"On est sur de petits crédits", assure Jean-Dominique Bernardini. "Le montant de la garantie est plafonné à 27.000 euros." Ainsi, le FGIF, qui couvre en général 50% du risque pris par la banque, correspond habituellement à un prêt bancaire de 54.000 euros maximum. Cependant, si "le crédit accordé dépasse cette somme, il n'y a pas de problème", tient à rassurer le responsable TPE et relations bancaires chez France Active. "La somme garantie par le FGIF restera la même, plafonnée."

Maxence Kagni