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Aides aux entreprises: du "quoi qu'il en coûte" au "quoi qu'il en soit"

Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, était l'invité d'Apolline de Malherbe sur BFMTV-RMC ce vendredi matin.

Les aides ne seront pas débranchées tout de suite. Dans un entretien à la presse régionale, Emmanuel Macron a assuré une nouvelle fois que les aides aux entreprises touchées par la crise sanitaire diminueront progressivement et qu'une approche au cas par cas, proportionnelle à la hausse du chiffre d'affaires, sera mise en place. "Ce sera du cousu main", a déclaré le président de la République.

On a depuis un an le 'quoi qu'il en coûte' qui a fait en sorte que les Français aient pu garder leur travail, leur rémunération, qui a fait en sorte que beaucoup d'entreprises ont tenu pendant cette crise (…). On n'a pas lésiné sur les moyens pour permettre à nos entreprises, à nos artisans, à nos commerçants de tenir, et c'est une fierté. Et là, il va y avoir le 'quoi qu'il en soit', c’est-à-dire que si vous reprenez votre activité dans un premier temps vous allez continuer à être aidé", a commenté ce vendredi matin le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, sur BFMTV-RMC.

Toutes les entreprises qui bénéficient du fonds de solidarité "le recevront en mai, comme ce qu'elles ont reçu en avril", a-t-il précisé. "Dans les mois qui suivent, [les aides vont] s'adapter à la reprise de votre activité pour faire en sorte que si vous reprenez votre activité et que vous avez des rentrées, vous ne soyez pas perdant et ne travailliez pas à perte (…). Il va y avoir une appréciation au cas par cas de la situation des établissements". Une concertation entre Bercy, les fédérations professionnelles et les partenaires aura lieu la semaine prochaine pour affiner le dispositif.

Restaurants sans terrasses

Les aides seront ainsi maintenues intégralement jusqu'au 1er juin, avant de diminuer progressivement, avec l'idée d'accompagner la réouverture: il sera ainsi toujours possible de faire appel au fonds de solidarité, dans une moindre mesure selon son niveau d'activité, et l'exonération de charges deviendra elle aussi partielle sans disparaître.

Quant au chômage partiel, actuellement pris en charge à 100%, il va également être revu à la baisse. Par ailleurs, il sera toujours possible de demander un prêt garanti par l'Etat (PGE) jusqu'au 30 décembre prochain, contre le 30 juin initialement.

Le gouvernement justifie ce maintien des aides car tous les établissements ne pourront pas rouvrir intégralement, voire pas du tout, dès le 19 mai. Les salles de sport n'accueilleront à nouveau leur clientèle qu'à partir du 9 juin, de même pour les restaurants sans terrasses – un tiers seulement des établissements de restauration possèdent une terrasse, et il y a eu beaucoup de terrasses éphémères l'année passée. Beaucoup de petits restaurants resteront donc encore fermés. Les discothèques, fermées depuis quinze mois, n'ont toujours aucune perspective de réouverture.

Jérémy Bruno avec Gaëtane Meslin