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En janvier, l'économie française toujours suspendue à l'évolution de la situation sanitaire

Selon la Banque de France, la croissance français devrait atteindre 0,3% au deuxième trimestre.

Selon la Banque de France, la croissance français devrait atteindre 0,3% au deuxième trimestre. - -

En janvier, l'économie tricolore est restée inférieure de 4% à son niveau de fin 2019. Et ne devrait pas faire mieux sur l'ensemble du premier trimestre, selon l'Insee.

Le rebond de l’économie tricolore prend du retard. En raison des mesures de restriction et de la persistance des incertitudes qui entourent l’évolution de la situation sanitaire, l’activité française est restée 4% inférieure à son niveau d’avant-crise en janvier, selon l’Insee. Soit le même niveau que celui observé au mois de décembre.

L’institut de la statistique a toutefois revu à la hausse ses estimations pour la fin 2020. Contrairement à sa dernière prévision (-12% par rapport au niveau de fin 2019), l’économie française a mieux résisté que prévu lors du confinement de novembre (-8%), notamment en raison d’une chute de moins grande ampleur qu’anticipé de l’activité dans les services et malgré une consommation en retard de 15 points par rapport à son niveau d’avant-crise.

Au final, "le choc a été en grande partie circonscrit aux secteurs les plus exposés aux mesures de restrictions: commerces, loisirs, hébergement-restauration, transports", écrit l’Insee.

Nouveau recul de la consommation en janvier

De la même manière, la chute a été réduite à -4% en décembre (contre -8% attendus initialement), avec un rebond assez nette de la consommation des ménages, elle-même ramenée à -4% de son niveau d’avant-crise: "Le mois de décembre a bénéficié d’achats qui avaient été reportés compte tenu de la fermeture en novembre des commerces ‘non essentiels’", souligne encore l’institut.

Ajoutés à cela, une industrie très peu affectée par le confinement, l’investissement des entreprises et le commerce extérieur qui ont poursuivi leur rebond et les services qui ont là-aussi mieux résisté. Au global, l’activité au quatrième trimestre était 5 points inférieure à son niveau de 2019.

Le report des achats de novembre constaté en décembre ne s’est toutefois pas poursuivi en janvier, mois au cours duquel la consommation s’est de nouveau étiolée, à -7% par rapport au niveau d’avant-crise. Si l’activité économique est restée stable sur le mois, ce recul de la consommation s’explique par les effets du couvre-feu avancé à 18 heures mais également par le décalage des soldes qui va sans doute reporter des achats de janvier vers février.

Trois scénarios pour le premier trimestre 2021

En fonction de l’évolution de la situation sanitaire, l’Insee dresse trois scénarios distincts décrivant les effets de mesures de restriction sur l’activité économique. Le premier, qui suppose un statu quo, c’est-à-dire sans durcissement des conditions sanitaires, table sur un maintien de l’activité de janvier en février et mars. La croissance trimestrielle atteindrait ainsi 1,5% tandis que l’économie resterait de 4 points en deçà de son niveau du quatrième trimestre 2019.

Dans la seconde hypothèse, un nouveau confinement semblable à celui de novembre serait décrété pour une durée d’un mois. La croissance au premier trimestre serait dès lors nulle (0%) et l’activité en retard de 5 points par rapport à son niveau d’avant-crise. Enfin, le troisième scénario imagine le même confinement mais d’une durée de sept semaines qui aurait pour conséquence un recul du PIB trimestriel de 1%. L’activité serait dans ce cas 6 points inférieure à son niveau de fin 2019.

Pour la suite, et "en faisant (…) l’hypothèse d’un retour, au deuxième trimestre, au niveau d’activité atteint au troisième trimestre 2020 (soit presque 4% en deçà du niveau d’avant-crise), l’acquis de croissance annuelle mi-2021 se situerait, selon les trois scénarios listés ci-dessus, entre +4 et +5%", conclut l’Insee.
https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco