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Retraites: les partenaires sociaux en ordre dispersé

Les partenaires sociaux campent sur des positions très divergentes à l'issue de la première journée de consultation sur la réforme des retraites.

Les partenaires sociaux campent sur des positions très divergentes à l'issue de la première journée de consultation sur la réforme des retraites. - -

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault recevait ce 4 juillet à Matignon les différents acteurs de la concertation sur la réforme des retraites. Une journée après laquelle les désaccords entre eux persistent.

Passage en revue des troupes pour s'attaquer à la réforme des retraites. Avant que ne commencent les négociations sociales sur ce thème, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a reçu les représentants du salariat et du patronat ce jeudi 4 juillet. Après une journée de rencontres bilatérales, le consensus est loin d'être acquis entre les partenaires sociaux.

Sur l'augmentation de la durée de cotisation par exemple. C'est la mesure favorisée par le gouvernement, qui la trouve plus juste que le repoussement de l'âge légal de départ. Mais Force Ouvrière y est farouchement opposée, tout comme la CGT, qui rappelle également son refus catégorique de toute baisse des pensions de retraite.

Une hausse des cotisation clairement au menu

En revanche, le patron de FO, Jean-Claude Mailly, se dit "prêt à examiner" la piste d'une augmentation des cotisations sociales, acquittées à 60% par les entreprises et 40% par les salariés. Mais là, c'est la CGPME, le syndicat du patronat des petites et moyennes entreprises, qui trace la ligne rouge. "Nos entreprises n'en peuvent plus", déclare son président, Jean-François Roubaud, qui préfère évoquer une hausse de la CSG des retraités et un alignement entre les régimes du public et du privé.

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Reste que selon Philippe Louis, le dirigeant de la CFTC, la hausse des charges serait "clairement une première voie" pour le gouvernement. Sa centrale, elle, accepterait une augmentation de la CSG, ou une hausse des cotisations patronales, mais seulement pour les entreprises qui ne respectent pas l'égalité salariale hommes-femmes.

Une mobilisation syndicale dans les tuyaux

A l'occasion de ce premier cycle de concertation, les représentants du personnel brandissent déjà la menace de la grève. Le secrétaire général de Force ouvrière n'exclut pas que FO puisse "mobiliser, y compris début septembre". Il est rejoint par Thierry Lepaon, de la CGT, qui confirme que son syndicat appellera à une mobilisation "dès la deuxième semaine de septembre".

Jean-Marc Ayrault, lui, reste optimiste. Il estime jeudi soir que malgré les "divergences de solutions" entre les partenaires sociaux, ils partagent aussi une "volonté d'avancer". La concertation continuera tout le mois de juillet, un point aura lieu fin août, et le gouvernement présentera son projet à la mi-septembre, a-t-il annoncé.

Nina Godart