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Retraite chapeau: Air France désamorce la polémique

Syndicats et direction d'Air France se contredisent sur les montants provisionnés pour les retraites-chapeaux au sein de la compagnie.

Syndicats et direction d'Air France se contredisent sur les montants provisionnés pour les retraites-chapeaux au sein de la compagnie. - -

La compagnie aérienne réfute les arguments des deux syndicats qui dénoncent les retraites chapeaux "choquantes" de leurs dirigeants, ce vendredi 29 novembre.

La polémique sur la retraite chapeau de 21 millions d'euros du patron de PSA, Philippe Varin, qui a finalement dû y renoncer, a fait réagir chez Air France. Deux syndicats de la compagnie aérienne dénoncent, ce vendredi 29 novembre, un système de retraites chapeaux "choquant" au sein de la compagnie aérienne. Mais la direction réfute les chiffres qu'ils avancent.

Selon le syndicat des pilotes SPAF et Sud aérien, l'entreprise qui supprime 2.000 postes en 2013 et un millier en 2014, a provisionné 119 millions d'euros sur cinq ans pour la retraite complémentaire d'une quarantaine de ses dirigeants. Soit 15 à 20 millions par an depuis 2005. Des chiffres que réfute la direction d'Air France ce matin.

La compagnie diigée par Alexandre de Juniac parle ainsi de chiffres "sans commune mesure avec la réalité". Seuls 13 millions d'euros ont été provisionné "au total" assure la compagnie, selon qui "ce régime n'est plus financé depuis deux ans". Le système, dénoncé par le PDG d'Air France (qui n'en bénéficie d'ailleurs pas) en 2012 n'est plus proposé à aucun nouvel entrant depuis le 1er janvier 2013, continue le porte-parole du groupe.

L'Etat a un rôle à jouer

Les syndicats qui avancent ces chiffres expliquent pour leur part que ces montants permettent à 37 dirigeants de profiter d'une garantie de toucher une retraite complémentaire de 35 à 40% de leur rémunération moyenne des trois dernières années. 

"Des montants indécents, pointe Marc Daguet, délégué syndical du SPAF, et déconnectés des efforts qui sont demandés aux salariés". Il rappelle ainsi qu'Air France a déjà supprimé 5.000 postes en son sein depuis quatre ans.

Pour lui, "l'Etat a un rôle à jouer" dans cette affaire. D'autant qu'il reste "le premier actionnaire d'Air France à hauteur de 16%". Marc Daguet aurait du mal à comprendre que le gouvernement "condamne ces pratiques chez PSA mais les tolère dans des entreprises dont il est lui-même actionnaire"…



Autre entreprise dont l'Etat est actionnaire, et qui pourrait voir son nom mêlé à la polémique sur les retraites chapeaux: EADS. Selon l'enquête de BFMTV, en vidéo ci-dessous, plus de 11 millions d'euros ont été provisionnés en 2012 pour la retraite complémentaire du président exécutif du groupe d'aéronautique, Tom Enders. Le dispositif ne contrevient pourtant pas au code Afep-Medef sur la rémunération des dirigeants, dont le haut comité est justement présidé par Denis Ranque, par ailleurs président du conseil d'administration... d'EADS !

N.G.