BFM Business

Réforme des retraites : le gouvernement Ayrault va faire une bonne affaire

La hausse des cotisations vieillesse dépassera le coût de la réforme du gouvernement

La hausse des cotisations vieillesse dépassera le coût de la réforme du gouvernement - -

Le décret prévoyant la hausse progressive des cotisations retraites pour financer le retour partiel au départ à 60 ans sera publié dans quelques jours. Mais les sommes récupérées ainsi seront largement supérieures au coût réel de la réfome. Le gouvernement ne semble pourtant pas disposé à se passer de cette manne.

Le candidat François Hollande avait prévenu : le retour à la retraite à 60 ans pour les carrières longues sera financé par une hausse de 0,5% des cotisations vieillesse des salariés et des employeurs entre 2012 et 2017 .

Cette nouvelle recette doit rapporter l'an prochain un peu plus d'un milliard d'euros à la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav) qui gère la retraite de base de la sécurité sociale. En 2017, ce montant devrait être trois fois plus élevé.

Sauf que la réforme devrait finalement coûter moins que prévu. Initialement, le gouvernement l'avait chiffrée à 5 milliards en année pleine. Mais il a revu à la baisse ce chiffre en raison d'un nombre moindre de bénéficiaires : environ 100 000 contre 150 000.

Conséquence : la réforme ne coûtera que 3 milliards en 2017. Pour 2013, première année d'application, le surcoût ne sera que de 450 millions pour 60 000 bénéficiaires.

600 millions d'euros de trop en 2013

Si le gouvernement maintient une hausse de 0,5% sur cinq ans, dont 0,1% dès 2013, la Cnav engrangera donc l'an prochain 600 millions de plus que la somme nécessaire pour financer la réforme. A l'horizon 2017, le surplus atteindrait un milliard par an.

Plutôt que de revoir à la baisse la hausse des cotisations, le gouvernement Ayrault devrait maintenir l'augmentation à son niveau annoncé, en affectant le surplus à la réduction du déficit de la Cnav. En 2011, celui-ci était de 6,6 milliards (voir ci-contre) et devrait avoisiner 6 milliards cette année. 

Mais paradoxalement, la bonne affaire relative réalisée ainsi par le gouvernement Ayrault ne va pas faire celle des régimes de retraite complémentaire, eux-même en déficit (2,8 milliards d'euros pour l'Arrco, 1,3 pour l'Agirc).

Ceux-ci vont être obligés de financer la réforme gouvernementale (500 millions en 2013) sur leurs propres deniers. Les partenaires sociaux qui gèrent ces régimes doivent d'ailleurs se réunir le 6 juillet prochain pour examiner la situation financière. Les 600 millions d'euros supplémentaires qu'empochera le gouvernement l'an prochain leur serait bien utile pour éviter d'augmenter leurs propres cotisations.

Patrick Coquidé