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Medef: non, supprimer deux jours fériés ne créera pas de croissance

L'estimation du Medef selon laquelle travailler deux jours de plus génèrerait un point de croissance supplémentaire chaque année paraît largement excessive.

L'estimation du Medef selon laquelle travailler deux jours de plus génèrerait un point de croissance supplémentaire chaque année paraît largement excessive. - Dado Ruvic - Reuters

Pour l'organisation des patrons, supprimer deux jours fériés créerait un point de croissance par an. Une mesure contre-productive pour Emmanuel Lechypre, éditorialiste et directeur de l'Observatoire BFM Business.

La controverse règne dans le monde des dirigeants d'entreprises ce lundi. Le Medef a dévoilé, dans Les Echos de ce lundi, une partie de ses propositions pour créer un million d'emplois. Dans ce texte d'une cinquantaine de pages qui s'intitule "comment relancer la dynamique de la création d'emplois en France", l'organisation des patrons préconise notamment de supprimer deux jours fériés par an afin de gagner 1% de croissance chaque année et 100.000 emplois. Vrai ou faux?

L'estimation du Medef selon laquelle travailler deux jours de plus génèrerait un point de croissance supplémentaire chaque année paraît largement excessive. Selon les calculs de l'Insee, quand il y a deux jours travaillés de plus dans une année que dans l'année précédente, cela ne rapporte que 0,2 point de croissance.

La productivité n'augmentera pas

En outre, ramener le débat sur le temps de travail des Français à la seule question des jours fériés est beaucoup trop réducteur. Les Français travaillent 100 heures de moins que les Allemands, 200 que les Américains. Est-ce que travailler 16 heures de plus par an changerait quelque chose? Non.

Surtout, ce n'est pas bon pour la productivité. Il faut se rappeler que lorsque les Français sont passés aux 35 heures, ils ont fait la même quantité de travail en moins de temps. Si on leur donne deux jours de plus, ils feront toujours la même quantité de travail, mais en deux jours de plus.

Ce calcul du Medef ne semble donc ni bon pour la croissance, ni bon pour la compétitivité.

Emmanuel Lechypre