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Comment le gouvernement veut soutenir l’entrée des jeunes sur le marché du travail

Le Premier ministre Jean Castex a présenté ce jeudi le plan pour l'emploi des jeunes d'un montant de 6,5 milliards d'euros. Celui-ci prévoit notamment des primes destinées aux entreprises qui embaucheront un jeune ou recruteront un apprenti.

Le gouvernement promet de ne laisser "aucun jeune sans solution". En déplacement à Besançon, le Premier ministre Jean Castex a détaillé ce jeudi le plan de l’exécutif pour soutenir les quelque 700.000 jeunes qui s’apprêtent à entrer sur le marché du travail dans un contexte marqué par une crise sanitaire et économique particulièrement violente.

Ce plan d'une enveloppe globale de 6,5 milliards d'euros sur deux ans prévoit notamment une compensation de 4000 euros pour les entreprises qui recruteront un jeune de moins de 25 ans pendant plus de trois mois entre août 2020 et janvier 2021. Cette prime, appliquée jusqu’à 2 SMIC, sera versée trimestriellement pendant un an au plus. Le gouvernement espère que ce coup de pouce permettra la signature de 450.000 contrats.

Un dispositif similaire baptisé Volontariat Territorial en Entreprise (VTE) sera renforcé pour accompagner le recrutement de 1000 jeunes dans des TPE et PME sur des métiers liés à la "transformation écologique des modèles économiques" et "la transmission des savoirs du numériques". Ainsi, une prime de 4000 euros sera versée à l’entreprise qui accueille un jeune en VTE "vert".

Aide à l'apprentissage

Toujours dans l’optique de favoriser l’entrée dans la vie professionnelle, les entreprises qui recruteront un apprenti ou un alternant (contrat de professionnalisation) de moins de 18 ans entre le 1er juillet 2020 et le 28 février 2021 pourront percevoir une aide exceptionnelle de 5000 euros. Cette aide sera portée à 8000 euros si l’apprenti ou alternant a plus de 18 ans. L’objectif d'obtenir la signature de 230.000 contrats d’apprentissage et 100.000 contrats de professionnalisation supplémentaires soient signés en 2020.

Le gouvernement va également créer 100.000 missions de service civique supplémentaires, en plus des 140.000 initialement programmées pour 2020 afin d’encourager les jeunes à s’engager dans des associations. "L’occasion de servir une cause utile tout en acquérant une expérience qui a de la valeur sur le marché du travail", explique l’exécutif.

L’emploi associatif en direction des jeunes sera par ailleurs soutenu via le renforcement des moyens du Fonds de coopération de la Jeunesse et de l’Education Populaire pour créer 2000 emplois supplémentaires (1000 en 2021 et 2022). Enfin, 2500 jeunes seront orientés vers des emplois dans le monde du sport dans le cadre de l’action de l’Agence Nationale du Sport qui recevra des crédits supplémentaires du Ministère de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports qui finance déjà 5000 emplois sportifs dans le monde associatif.

Retour des "contrats aidés" pour les jeunes éloignés de l'emploi

Par ailleurs, le plan marque aussi le retour des "contrats aidés" dans le secteur marchand, qui avaient été supprimés en 2017 par la nouvelle majorité (sauf en outremer), mais en les ciblant sur les jeunes les plus éloignés de l'emploi. Sont ainsi prévus 60.000 "contrats initiative emploi" (CIE) pour des jeune rencontrant des difficultés particulières d'insertion dont une partie du salaire est financée par l'Etat.

Dans le secteur associatif ou public, les contrats aidés ("Parcours emplois compétences", au nombre de 94.000 en 2019) seront augmentés de 60.000 en 2021. Le plan prévoit aussi 150.000 entrées en Garantie jeunes en 2021 (contre 100.000 initialement programmées), un dispositif d'insertion géré par les Missions locales pour les jeunes sans emploi ni formation, avec un accompagnement renforcé pendant un an et une allocation mensuelle de 497 euros.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis avec AFP Journaliste BFM Eco