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Ces chômeurs qui touchent une allocation supérieure à leur ancien salaire

Le taux a diminué de 0,1 point pour s’établir à 8,4% de la population active au T1 2019 sur la seule France métropolitaine.

Le taux a diminué de 0,1 point pour s’établir à 8,4% de la population active au T1 2019 sur la seule France métropolitaine. - Pascal Guyot- AFP

Un chômeur sur cinq perçoit plus au chômage qu'en travaillant, estime Muriel Pénicaud. Une situation qui résulte d'un calcul basé sur le nombre de jours travaillés, et qui favorise les personnes enchaînant les contrats courts. En revanche, la durée de leur indemnisation est plus courte.

Il est possible de toucher plus au chômage qu'en travaillant. "Cela concerne un demandeur d'emploi sur cinq", a affirmé Muriel Pénicaud, ministre du Travail, lors d'une conférence de presse dédiée à la réforme de l'assurance chômage mercredi. Cela concernerait entre 600.000 et 800.000 personnes.

Une situation qui paraît étonnante, car l'allocation versée par l'assurance chômage représente en moyenne 60% de l'ancien salaire brut. Plus précisément, les salariés aux revenus les plus faibles bénéficient d'un taux de remplacement de 75% maximum, tandis que les plus aisés perçoivent 57%.

Une indemnisation plus courte

Comment donc parvenir à avoir des revenus supérieurs à son ancien salaire? Tout repose sur une particularité du mode de calcul de l'indemnisation, qui prend en compte le nombre de jours travaillés pour établir le salaire de référence. Celui-ci correspond au total des revenus perçus sur les douze derniers mois divisé par le nombre de jours travaillés.

Une règle qui permet à un chômeur ayant sur les six derniers mois enchaînés six contrats de quinze jours d'être mieux indemnisé qu'un autre ayant eu un contrat de six mois à mi-temps. Mais en revanche, le premier sera indemnisé sur six mois, le second sur douze. "La règle actuelle appliquée au cas des personnes qui ont des parcours professionnels fractionnés est le résultat d'un arbitrage entre allocation mensuelle plus élevée mais sur une durée plus courte", résume les Echos.

Ce biais devrait être remise à plat lors de la réforme de l'assurance chômage actuellement en cours, pour des questions d'équité, précisé l'entourage de la ministre du Travail. Mais pas seulement, car ce système pousse à multiplier les contrats courts, bête noire du gouvernement.

Coralie Cathelinais