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Muriel Pénicaud: "Le gouvernement prendra ses responsabilités" sur la réforme de l'assurance chômage

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud. - Éric Feferberg - AFP

Les partenaires sociaux ne sont pas parvenus à s'entendre ce mercredi sur les nouvelles règles de l'assurance chômage. Le gouvernement doit reprendre les choses en main. Le calendrier et la méthode seront précisés "dans les jours à venir", a confié la ministre du Travail.

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a dit regretter "vivement" l'échec mercredi de la négociation sur l'assurance chômage et assuré que le gouvernement, qui a désormais la main, prendrait "ses responsabilités" sur ce dossier.

"Je regrette vivement que les partenaires sociaux n'aient pas pu conclure leur négociation. Le gouvernement prendra ses responsabilités", a dit la ministre à quelques journalistes. "Nous annoncerons dans les jours à venir la méthode et le calendrier pour avancer sur ce sujet", a-t-elle ajouté, après l'échec de la négociation entre syndicats et patronat, entamée début novembre.

Les partenaires sociaux "avaient demandé un mois de plus que nous leur avions accordé, mais les problèmes de l'assurance chômage restent entiers", a déploré Muriel Pénicaud, mentionnant le "problème très important" de "la précarité excessive" et la nécessité d'un système "incitatif au retour à l'emploi". Interrogée sur la demande d'une réunion tripartite syndicats-patronat-gouvernement faite par la CFDT et le Medef, la ministre n'a pas pris position.

Le bonus-malus au cœur des désaccords

Les partenaires sociaux ont buté une nouvelle fois mercredi sur l'instauration d'un "bonus-malus" pour décourager les entreprises de recourir aux contrats courts (moins d'un mois) alors qu'un tiers des CDD ne durent qu'une journée.

Catégoriquement rejeté par le patronat, ce dispositif était exigé par les syndicats, forts des engagements répétés d'Emmanuel Macron en ce sens. Ceux-ci avaient posé comme condition pour cette dernière séance d'avoir une proposition avec une "modulation" des cotisations chômage des entreprises.

De son côté, le patronat a déploré le refus des syndicats de discuter des économies demandées par le gouvernement, au minimum un milliard d'euros par an, par une révision des règles d'indemnisation afin à la fois de réduire l'endettement de l'Unédic et d'inciter "au retour durable à l'emploi".

Jean-Christophe Catalon avec AFP