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Rigueur budgétaire et hausse du salaire minimum: une coalition jette les bases d'un futur gouvernement en Allemagne

Les sociaux-démocrates allemands, écologistes et Libéraux ont posé vendredi les jalons d'un nouveau gouvernement refermant l'ère Merkel avec un accord préliminaire sur la politique budgétaire, européenne ou encore le salaire minimum.

Le tempo s'accélère en Allemagne: les sociaux-démocrates,arrivés en tête aux élections, les Verts et les libéraux ont annoncé vendredi un accord préliminaire pour former un gouvernement, sans doute dirigé par Olaf Scholz.

Voici les principaux points du texte sur lequel ils ont trouvé un compromis, suite aux récentes élections législatives marquées par une rude défaite pour les conservateurs de l'actuelle chancelière.

Rigueur budgétaire

Le centre-gauche et les Verts voulaient introduire davantage de flexibilité sur le sujet pour les années à venir. Mais les Libéraux du FDP, très orthodoxes sur la question, n'ont rien lâché.

Les trois mouvements se sont donc mis d'accord pour certes augmenter les investissements dans les années à venir mais en maintenant le cadre actuel du "frein constitutionnel à l'endettement", qui limite à 0,35% du PIB par an la possibilité de déficit public de l'Allemagne, hors circonstances exceptionnelles.

Ce mécanisme est actuellement suspendu suite à l'impact de la pandémie mais il est donc prévu de le réintroduire. Et en Europe les partis plaident pour des finances "solides et stables".

Pas de hausses d'impôts

Les partis s'engagent durant la mandature à "ne pas augmenter" les principaux impôts comme celui sur le revenu, la TVA ou celui sur les société et à ne pas "introduire de nouvel impôt significatif".

Les marges de manoeuvre budgétaires pour investir et moderniser l'Allemagne devront donc être trouvées ailleurs. C'est un victoire des Libéraux (droite), qui refusaient tout accroissement de la pression fiscale.

Relèvement du salaire minimum

En revanche les sociaux-démocrates ont réussi à conserver leur promesse phare de la campagne, une hausse du salaire minimum horaire à 12 euros "dès la première année", contre 9,6 euros actuellement.

Climat

Les trois partis veulent "accélérer" la sortie allemande du charbon et l'avancer à 2030 "dans l'idéal", au lieu de 2038, selon l'accord. C'est une exigence des Verts.

"Pour respecter les objectifs de protection du climat, une sortie accélérée de la production d'électricité avec du charbon est nécessaire", affirment-t-ils.

Les partenaires prévoient également de revoir "en 2022" la loi sur le climat de l'actuel gouvernement et d'introduire "un programme de protection immédiate du climat" qui touchera "tous les secteurs" économiques.

Europe "plus souveraine"

La politique étrangère n'est abordée qu'à grands traits dans le document préliminaire. Les trois partis disent vouloir "accroître la souveraineté stratégique" de l'Europe, ce qui devrait plaire en particulier à la France, qui a fait ce sujet une des priorités de sa présidence de l'UE à venir au premier semestre 2022.

La relation transatlantique doit rester un pilier central" pour l'Allemagne et l'Otan doit être un "élément indispensable" de la sécurité du pays. Mais dans le même temps les trois partis souhaitent "une plus grande coopération entre armées européennes" notamment.

Avertissement à des pays comme la Pologne ou la Hongrie : ces partis disent en outre vouloir "une UE qui protège à l'intérieur et à l'extérieur ses valeurs et l'État de droit".

Vote à 16 ans

Le document propose d'abaisser à 16 ans l'âge du droit de vote pour les élections législatives et au Parlement européen. Aux élections du 26 septembre, Verts et libéraux sont arrivés en tête chez les électeurs qui votaient pour la première fois, devenant les partis préférés des jeunes.

En revanche, le document ne fait aucune mention, à ce stade, d'une promesse phare de ces deux partis : la légalisation du cannabis. Ce projet suscite la vive opposition de syndicats policiers.

T.L avec AFP