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Agnès Pannier-Runacher: Pour atteindre la neutralité carbone, le "nucléaire est indispensable"

La ministre de l’Industrie a confirmé que le nucléaire est au coeur de la souveraineté énergétique de la France en restant vague sur la mise en service de l'EPR de Flammanville et le chantier de six nouveaux EPR en France.

Le nucléaire est-il indispensable pour atteindre la neutralité carbone en 2050? Pour Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l’Industrie, c'est indiscutable en précisant que cette énergie, avec les renouvelables, garantit la souveraineté énergétique de la France.

"Nous construisons une souveraineté énergétique pour ne plus être dépendant du gaz et des carburants, c'est une transformation à marche forcée", a expliqué sur BFMTV Agnès Pannier-Runacher en précisant que cette souveraineté se base à la fois sur le nucléaire et les énergies renouvelables.
"Aujourd'hui, nous avons besoin de nucléaire, c'est parfaitement assumé. Nous investissons 500 millions d'euros dans cette énergie", a rappelé la ministre.

Décision attendue pour lancer six nouveaux EPR

Sur la construction de six nouveaux EPR nécessaires à une autonomie énergétique, Agnès Pannier-Runacher a précisé que cette décision, qui incombe au président de la République, ne sera prise que lorsque la construction de celui de Flamanville sera achevée. Quand? La ministre reste dans le flou:

"Cela dépend de facteurs industriels. Il entrera en service quand EDF aura terminé sa construction. Et si sa construction est terminée, nous prendrons la décision de construire de nouveaux EPR", a déclaré Agnès Pannier-Runacher.
"Lorsque l'EPR de Flamanville sera livré, nous devons prendre cette décision. Peut-être nous la prendrons un peu en avance lorsque nous serons sûrs que l'EPR de Flamanville sera sur la bonne voie", avait-elle précisé auparavant.

L'exécutif avait jusqu'à présent indiqué que toute décision sur de nouveaux réacteurs EPR surviendrait lors du prochain quinquennat et "au plus tard en 2023 lorsque Flamanville sera entrée en service".

"Revenir sur l'engagement du gouvernement d'attendre la mise en service éventuelle de l'EPR de Flamanville avant de faire ce choix déterminant pour la France reviendrait à imposer une décision dans un total déni de démocratie", a critiqué vendredi Greenpeace dans un communiqué.

L'ONG, opposée au nucléaire, "appelle à un véritable débat de société sur cette question essentielle, notamment dans le cadre de l'élection présidentielle".

10 ans de retard pour Flamanville

Le 28 septembre dernier, lors de la signature d'une convention avec la communauté d’agglomération du Cotentin pour le développement du territoire, Jean-Bernard Lévy, le PDG d’EDF a fait le point sur l’avancement du chantier de l’EPR à Flamanville.

"Les choses sont en bonne voie, et nous nous préparons au chargement du combustible avant la fin de l’année 2022", a déclaré Jean-Bernard Lévy à la Presse de la Manche.

Le projet aura ainsi 10 ans de retard. Les travaux ont débuté en décembre 2007 et devaient être finalisés en 2012. Son coût s'élève actuellement à 12,4 milliards d'euros selon EDF, contre les 3,3 milliards prévus au début.

Pascal Samama
https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco