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Taxe d'habitation: vous pouvez payer du simple au triple

La taxe d'habitation à Marseille est l'une des plus élevée de France

La taxe d'habitation à Marseille est l'une des plus élevée de France - -

Même si la hausse des impôts locaux devrait être assez faible cette année pour cause d'élections municipales en 2014, la taxe d'habitation devient une charge excessive pour nombre de foyers. Une récente étude le démontre.

C'est la saison des impôts locaux. Depuis quelques jours, les propriétaires doivent s'acquitter des taxes foncières. Mardi 8 octobre, une enquête de l'Union nationale de la propriété immobilière (Unpi) démontrait que celles-ci ont augmenté de plus de 21% depuis 2007.

C'est désormais au tour des locataires et des propriétaires occupant leur logement de payer la taxe d'habitation avant la fin novembre. Une étude, cette fois de l'association SFL Forum composée de collectivités locales et d'entreprises, et publiée dans Le Parisien/Aujourd'hui en France de ce 9 octobre, démontre le poids de cette taxe dans le budget des ménages, et surtout l'inégalité des Français devant celle-ci.

Ainsi selon l'étude réalisée dans 41 grandes villes, une famille avec deux enfants disposant de 43.000 de revenus annuels, va payer 462 euros de taxe d'habitation à Paris, 784 euros à Grenoble, 817 euros à Dijon, 881 euros à Angers et 888 euros à Rouen.

En revanche, à Bordeaux, il en coûtera 1.154 euros à cette famille, 1.213 euros à Rennes, 1.216 euros à Marseille, 1.246 euros à Montpellier et 1.259 euros à Nîmes, l'un des records de France des agglomérations de plus de 100.000 habitants.

0,1% de hausse en moyenne en 2013

Pourtant, pour 2013, la hausse des impôts locaux dans les grandes villes (taxe d'habitation pour les locataires et taxe foncière pour les propriétaires) ne devrait être que de 0,1% selon l'étude annuelle du Forum pour la gestion des villes publiée le 6 septembre par Les Echos.

Cette relative modération n'a rien de surprenant. A l'approche des élections municipales de mars prochain, les élus ont mis la pédale douce sur les hausses, se réservant pour... l'après élection.

Attention donc aux feuilles d'impôts de l'automne 2014 ! D'autant que la baisse des dotations de l'Etat va contraindre les élus locaux à faire des économies... ou à recourir à nouveau à la fiscalité.

Révision du calcul des impôts locaux...en 2018

En tout cas, le gouvernement a officiellement lancé en septembre le chantier de la révision des valeurs locatives qui servent à calculer les impôts locaux, notamment la taxe d'habitation.

Ces valeurs locatives "datent de 1970 et sont aujourd'hui obsolètes" car elles "ne reflètent plus la réalité du marché locatif, ni sa diversité selon les territoires", explique Bercy. En pratique, habiter dans un immeuble ancien mais luxueux dans une ville riche coûte aujourd'hui moins cher en taxe d'habitation que dans un bâtiment moyen des années 70 de banlieue.

La révision vise donc à "rapprocher les bases d'imposition des 46 millions de locaux d'habitation de la réalité du marché" et à simplifier le mode de calcul des valeurs locatives, qui seront mises à jour de façon "permanente", poursuit Bercy.

Mais cette révision n'est pas prévue pour tout de suite. Le ministère de l'Economie a prévenu qu'elle "ne se concrétisera pas avant 2018". En tout cas, pas avant les Municipales de 2014.

P.C