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Plan social à Belfort: le patron de General Electric France répond aux critiques

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- - SEBASTIEN BOZON / AFP

Le dirigeant de GE France a expliqué au JDD pourquoi la suppression de 1000 postes à Belfort était nécessaire et répondu aux accusations qui le visent depuis cette annonce en début de semaine.

À la fin d'une semaine marquée par l'annonce de 1000 suppressions de postes chez General Electric à Belfort, le directeur général France de l'industriel s'est expliqué dans les colonnes du JDD paru ce dimanche.

Pour commencer, Hugh Bailey a répondu aux accusations d'élus locaux selon qui GE aurait retardé l’annonce de son plan social au lendemain des Européennes à la demande du gouvernement. "Non", répond le DG, pour qui "il n’y a jamais de calendrier optimal" pour ce genre d’annonce.

Pas question de se désengager de la France

Hugh Bailey nie également avoir travaillé directement sur le dossier de la vente des activités énergie d’Alstom à GE lorsqu’il officiait au sein du gouvernement. Plusieurs voix ont évoqué en effet une forme de conflit d’intérêt, puisqu’au moment des négociations sur ce dossier autour de 2015, Hugh Bailey officiait auprès du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, puis auprès de celui de l’Économie, Emmanuel Macron. C’était "hors de mon champ de compétence", affirme aujourd’hui le DG de General Electric France.

Il balaie également du revers de la main l'accusation de ne pas avoir tenu l'engagement de recrutements, pris par General Electric en 2015. Certes, GE Belfort n'est pas parvenu "à la création de 1000 emplois nets" en trois ans. Mais "nous avons recruté près de 3000 personnes", pointe-t-il, notamment en renforçant les équipes de Recherche & Développement en France. Et surtout, le groupe a payé rubis sur l’ongle les 50 millions d’euros de pénalité prévue en cas de non-respect de cette obligation, rappelle le patron de la filiale France.

En tout cas, la France reste "stratégique" aux yeux de General Electric qui ne compte absolument pas se désengager du pays, "au contraire", dit Hugh Bailey.

"Nous avons plus de 16.000 employés en France – c’est plus que certaines entreprises du CAC 40-… et nous exportons 90% de notre production depuis la France", détaille-t-il.

Mais le directeur général réaffirme que ces suppressions de postes sont nécessaires. Même si des nouveaux projets pour augmenter l'activité à Belfort - dans le nucléaire ou l’aéronautique -, notamment imaginés par les syndicats du site, sont "une très bonne idée", reconnaît-il. Quant aux salariés qui vont partir, Hugh Bailey promet que GE les traitera de façon "exemplaire".

Le gouvernement compte justement y veiller de près. Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, se rendra lundi à Belfort pour rencontrer les représentants des salariés et les élu locaux, a fait savoir son porte-parole ce dimanche. Le ministre qui, la semaine dernière, avait déjà indiqué qu'il comptait demander à GE "d'améliorer son plan social".

Nina Godart