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Coronavirus: la téléconsultation médicale, comment cela fonctionne?

Quand le médecin traitant ne peut recevoir un patient, ce dernier peut alors faire appel à la téléconsultation.

Quand le médecin traitant ne peut recevoir un patient, ce dernier peut alors faire appel à la téléconsultation. - Loic Venance - AFP

Avec l’épidémie de coronavirus qui gagne du terrain, les services de santé risquent d’être rapidement débordés. Pour permettre aux patients de pouvoir voir un médecin rapidement, le ministre de la santé Olivier Veran a annoncé dimanche soir des mesures pour faciliter l’accès à la télémédecine. Mode d’emploi.

La téléconsultation va-t-elle enfin s’imposer en France? Alors que les premières expérimentations par l’Assurance maladie remontent à plus de dix ans, le réflexe de consulter son médecin par webcam n’a pas encore été adopté par les Français.

Mais l’épidémie de coronavirus pourrait permettre à davantage de patients d’y faire appel… et pourquoi pas de l’adopter pour la suite. Le ministre de la santé Olivier Veran a annoncé la publication de décrets qui vont faciliter l’accès à la télémédecine, afin d’éviter que l’affluence de patients ne viennent saturer les urgences et les cabinets des médecins de ville, déjà en flux tendu.

"Chaque patient pourra avoir accès à une téléconsultation quand il en aura besoin", a assuré Olivier Véran.

Voici ce qu'il faut savoir avant d'avoir sa première consultation à distance:

> Quand faire appel à la télémédecine ?

Un mal de gorge, un mal de dos, des douleurs au ventre… quels que soient les symptômes, le patient qui souhaite être ausculté doit en priorité se tourner vers son médecin traitant. Si celui-ci n’a pas de créneau disponible, le patient peut désormais faire appel à une consultation à distance auprès d’un autre médecin. Cela fait partie des mesures d’assouplissement annoncées par le ministre de la santé: il n’est plus nécessaire de passer par son médecin traitant et ce dernier n’a pas l’obligation d’avoir vu en présentiel dans les 12 derniers mois.

> De quel équipement ai-je besoin?

La téléconsultation peut se faire à domicile par l’intermédiaire d’un ordinateur équipé d’une webcam connectée à internet, d’une tablette ou d’un smartphone. Certaines plateformes comme Doctolib proposent une interface en ligne sécurisée pour faire la consultation. Le site a d’ailleurs annoncé mettre à disposition gratuitement son service pour tous les médecins du pays pendant la durée de l'épidémie de coronavirus. Son concurrent CompuGroup Medical, éditeur allemand de logiciels médicaux, a fait de même.

Il est aussi possible de se rendre dans les maison de santé ou certaines pharmacies équipées de télécabine, équipées d'appareils de mesure ou d'examens (comme des stéthoscopes connectés, des tensiomètres...).

A l’issue de la consultation, le médecin envoie l’ordonnance et l’éventuel arrêt de travail dans la messagerie sécurisée de la plateforme.

Durant la crise du coronavirus, les téléconsultations pourront aussi "être réalisées en utilisant n'importe lequel des moyens technologiques actuellement disponibles pour réaliser une vidéotransmission (lieu dédié équipé mais aussi site ou application sécurisé via un ordinateur, une tablette ou un smartphone, équipé d'une webcam et relié à internet)." Cela inclut donc des outils tels que WhatsApp ou encore FaceTime et Skype.

> Comme régler le médecin?

Les modalités de règlement dépendent de l’équipement du médecin et de plateforme qu'il utilise. Cela peut donc être par virement bancaire, paiement en ligne, chèque. Tout est précisé avant le début de la consultation. 

> La consultation est-elle remboursée ?

Depuis le 15 septembre 2018, l’Assurance maladie prend en charge le remboursement des actes de téléconsultations sur l’ensemble du territoire. Le prix de la consultation est le même qu’au cabinet du médecin de ville, soit 25 euros pour un généraliste conventionné de secteur 1, dont 70% sont pris en charge par l’assurance maladie. Dans certains cas, le patient devra cependant avancer les frais.

L'Assurance maladie a dénombré 138.000 actes de télémédecine fin 2019, dont 30.000 rien que pour le seul mois de décembre. Une accélération qui devrait s'intensifier avec ces nouvelles mesures d'assouplissement. 

Coralie Cathelinais