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Durant l’épidémie de coronavirus, les téléconsultations pourront se faire sur WhatsApp, Skype et FaceTime

WhatsApp ou encore Skype pourront faire office d'outils de téléconsultation.

WhatsApp ou encore Skype pourront faire office d'outils de téléconsultation. - Pixabay

À compter de ce 10 mars, et en raison de l'épidémie de Covid-19, le gouvernement élargit les conditions d'accès aux téléconsultations. Ces dernières seront par ailleurs remboursées.

Pour limiter le risque de transmission du Covid-19 entre patients dans la salle d'attente et réduire l'exposition des médecins à ce coronavirus, le gouvernement assouplit les règles d'accès aux téléconsultations remboursables.

Un décret signé ce 9 mars par le ministre de la Santé, Olivier Véran, autorise les personnes ayant de bonnes raisons de penser qu'elles sont ou risquent d'être infectées par le Covid-19 à solliciter n'importe quel médecin en ligne, sans avoir besoin d'avoir vu leur médecin traitant dans l'année écoulée pour téléconsulter.

Seule réelle contrainte: les patients sont invités à recourir prioritairement à un praticien de leur territoire. Les dispositions du décret, effectives du 10 mars au 30 avril, dans un premier temps, incluent un passage sur les outils numériques à mettre à profit pour de telles téléconsultations. Ces dernières pourront "être réalisées en utilisant n'importe lequel des moyens technologiques actuellement disponibles pour réaliser une vidéotransmission (lieu dédié équipé mais aussi site ou application sécurisé via un ordinateur, une tablette ou un smartphone, équipé d'une webcam et relié à internet)." Cela inclut donc des outils tels que WhatsApp ou encore FaceTime et Skype.

Une solution de secours

Et pour le paiement ? D'après Jacques Battistoni, président du syndicat des médecins généralistes de France, les solutions à disposition des médecins tiennent surtout du "bricolage" dès lors qu'il s'agit d'être rémunérés pour des téléconsultations sur de telles applications. "Plusieurs solutions sont envisageables au cas par cas", explique-t-il auprès de BFM Tech. "L'envoi d'un chèque, l'utilisation d'un moyen de paiement en ligne tel que PayPal, si tant est que le patient le maîtrise, ou l'envoi d'une feuille de soins à l'Assurance maladie en mode dégradé, à savoir en l'absence de Carte vitale. L'un des problèmes restants a trait à la complémentaire santé, qui ne va pas nous payer pour ces consultations en ligne. Soit un manque à gagner de 7,50 euros par examen".

Au-delà de ces considérations financières, la téléconsultation présente selon lui des failles en matière de diagnostic. "Pour une infection virale potentiellement grave telle que le Covid-19, elle reste insuffisante pour assurer un diagnostic avec un minimum de garanties. Elle peut être utile pour le suivi des patients, pour un contact ultérieur, pour s’assurer qu’ils vont bien. Mais la consultation en présence et l'examen clinique qu'elle permet restent indispensables à un moment ou à un autre." À ses yeux, "la bonne solution est la solution complète qui assure l’accès au dossier médical, la possibilité d’envoyer une ordonnance de manière sécurisée au patient et celle de le facturer auprès de l’Assurance maladie. Ce qui n’est évidemment pas possible auprès de WhatsApp ou FaceTime."

Des données de santé sensibles

Fin février déjà, le site arretmaladie.fr a mis en place des consultations en ligne gratuites et "désintéressées" à destination des patients de retour de Chine et devant être confinés. Dans le cadre de ce dispositif, l'application WhatsApp était déjà utilisée pour effectuer des appels vidéo entre le médecin et le patient, relatait Le Point. Un arrêt maladie pouvait dès lors être prescrit à distance, sur la base des conclusions du médecin. 

Le manque de sécurité de dispositifs tels que WhatsApp ou FaceTime pour réaliser de telles consultations en ligne a néanmoins déjà été pointé du doigt par la Caisse nationale d'Assurance maladie. 

"Les outils de communication vidéo existants sur le marché (exemple Skype, FaceTime…) apparaissent suffisamment sécurisés pour l’échange vidéo avec le patient lorsqu’il est connu", pouvait-on ainsi lire en septembre 2018, dans un communiqué de presse sur le remboursement des téléconsultations.

"Toutefois, ils ne remplissent pas les conditions de sécurité suffisantes pour les échanges de documents médicaux (photos, etc.) qui viendraient en complément de la téléconsultation. De ce fait, ils n’offrent pas aux médecins de solution complète pour tout l’ensemble du processus nécessaire à la réalisation des actes de télémédecine", complétait Ameli, en recommandant aux médecins de vérifier par eux-mêmes auprès de leur éditeur de logiciels ou de leur fournisseur de solution de télémédecine que les critères de sécurité étaient bien respectés pour l'échange sensible de données personnelles de santé.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo_?s=09 Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech