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Retraites: ce qui va changer pour vous

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La réforme des retraites a définitivement été adoptée, ce mercredi 18 décembre, par l'Assemblée nationale. Voici les changements qui vont s'appliquer désormais pour les salariés comme pour les retraités.

"Nous avons demandé des efforts aux Français pour sauver notre système. Cet objectif est atteint: la retraite de nos enfants est garantie", lance la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, dans une interview au Parisien/Aujourd'hui en France de ce mercredi 18 décembre.

"La réforme que je propose à vocation à rééquilibrer durablement les comptes", déclarait, lui, Jean-Marc Ayrault fin août. Avant toutes choses, le gouvernement veut, avec cette réforme des retraites qui a été adoptée définitivement ce mercredi 18 décembre à l'Assemblée nationale, combler le déficit de 20 milliards d'euros des régimes de retraite à l'horizon 2020.

Un objectif ambitieux, d'autant que le gouvernement refuse de reculer l'âge de départ à la retraite de 62 ans et l'allongement de la cotisation de 41,5 à 43 ans sera étalé sur 15 ans à partir de 2020.

Donc qu'est ce qui change pour les Français?

> Hausse des cotisations retraite

Elles augmenteront de 0,15 point pour les cotisations patronales en 2014. De 2015 à 2017, elles progresseront ensuite de 0,05 point par an. Un effort identique sera demandé aux salariés, via leurs cotisations. En rythme de croisière, la mesure doit rapporter 6,4 milliards d'euros par an.

> Création d'un compte pénibilité

"C'est une réforme de gauche qui va marquer durablement notre pays. L'instauration du compte pénibilité est l'une des grandes avancées sociales de ces dernières décennies", estime Marisol Touraine.

Ce compte va permettre aux salariés ayant des carrières "pénibles" de cumuler des points pour ensuite éventuellement racheter des trimestres ou suivre une formation pour exercer un emploi moins pénible.

La mesure doit entrer en vigueur en 2015 et sera financée par les entreprises. Le gouvernement évalue son coût annuel à 2 milliards en vitesse de croisière.

> Revalorisation des pensions repoussée

La revalorisation des pensions sera désormais fixée au 1er octobre, contre le 1er avril actuellement. Cette mesure a été le cheval de bataille des parlementaires qui avaient voté la suppression de ce report en première puis en deuxième lecture.

Ce qui a poussé le gouvernement à passer par le vote bloqué. Pour éviter que la grogne ne montre trop chez les élus, Marisol Touraine, a annoncé la nuit dernière deux mesures favorables aux pensions les plus modestes compensant ce report.

Ainsi, l'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé sera revalorisée pour les personnes âgées de plus de 60 ans. De même, le minimum vieillesse sera revalorisé à la fois au 1er avril et au 1er octobre en fonction de l'inflation. Marisol Touraine n'a cependant pas dévoilé le coût de ces annonces. Mais elle affirmé que, grâce à ces deux mesures, il n'y aura "plus de pension en dessous de 800 euros par mois".

> Mesure pour les temps partiels

Pour valider un trimestre de cotisation, il faudra l'équivalent de 150 heures de SMIC contre 200 heures auparavant. L'objectif est de favoriser les salariés ayant eu de faibles rémunérations et des temps partiels.

Le gouvernement a également procédé à des aménagements favorables aux apprentis et aux étudiants, en incorporant notamment la durée des stages dans le calcul des pensions.

> Fiscalisation des majorations

Les majorations de pensions de 10% pour les retraités ayant eu au moins 3 enfants seront désormais soumises à l'impôt sur le revenu.

> Rachats des trimestres et prise en compte des stages

Les diplômés recevront une prime de 1.000 euros pour racheter des trimestres de cotisation. Les étudiants pourront verser 12,50 euros par mois pendant 2 ans pour valider des trimestres au titre de leurs périodes de stage.

Diane Lacaze