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Quel avenir pour les pensions de réversion?

Les pensions de réversion pourraient être réformées par le gouvernement dans le cadre de la réforme des retraites. Si l'hypothèse d'une suppression est exclue, une harmonisation du système semble plus probable.

C’est une réforme qui est scrutée de très près. Alors que le gouvernement pourrait procéder à une remise à plat des pensions de réversion, les syndicats craignent une éventuelle harmonisation à la baisse du système. Plus encore, les inquiétudes sur une possible suppression ont également été alimentées un temps par une question posée dans un document du Haut-commissariat à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye: "Doit-on maintenir des pensions de réversion?".

Ce jeudi, le secrétaire d’État aux Relations avec le Parlement, Christophe Castaner, a indiqué que les pensions de réversion pourraient pour les futurs retraités "baisser pour certains" et "augmenter pour d’autres", dans le cadre de la réforme des retraites. Pas de quoi rassurer les syndicats. Mais quelques heures plus tard, l’exécutif a rétropédalé par l'intermédiaire du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, qui a dit sur Twitter vouloir répondre "à de grossiers mensonges politiques":

"Non, clairement non, il n’y a aucun projet qui remettra en cause les pensions de réversion qui concernent principalement les femmes. Une pension de réversion, c’est la possibilité de toucher, après le décès de son conjoint, une partie de la retraite qu’il percevait. Il n’est pas question de la supprimer", a-t-il déclaré dans une vidéo accompagnée du message: "Stop aux mensonges. Les Français méritent mieux. Il n’est pas question de baisser ou du supprimer les pensions de réversion. Point final."

Des modes de calcul différents

Toujours est-il que plusieurs membres du gouvernement, à l'image de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, ont mis sur la table "la question de l'harmonisation", pointant le manque de "justice sociale" du système. Et pour cause, les modes de calcul sont aujourd'hui très différents. Dans le régime de base, le montant de la pension de réversion est fixé à 54% de la retraite du défunt quand il est de 60% pour les organismes complémentaires et 50% pour les fonctionnaires.

Par ailleurs, d'importantes disparités existent. Parmi les 17 millions de retraités français, 12,8 millions touchent une pension simple, 3,328 millions touchent une pension simple ainsi qu'une pension de réversion et 1,079 million ne touchent que la pension de réversion. Cette dernière catégorie est composée pour 96% de femmes. En outre, les hommes touchent généralement une pension de réversion plus faible de moitié que les femmes.

Évolution de la pension de réversion

Les pensions de réversion datent du XIXe siècle. Attribuées à l'époque aux veuves des agents de la fonction publique parce qu'elles ne travaillaient pas, le système a été élargi en 1945 au secteur privé et aux veufs.

Enfin, il a été décidé à partir de 1975 qu'il serait possible de cumuler sa retraite avec une pension de réversion.

P.L