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Présidentielle: les approximations financières des candidats europhobes

Marine Le Pen affirme vouloir récupérer 10 milliards "sur l'Union européenne".

Marine Le Pen affirme vouloir récupérer 10 milliards "sur l'Union européenne". - Lionel Bonaventure - AFP

Marine Le Pen ou Nicolas Dupont-Aignan veulent tous deux récupérer le solde de la contribution de la France à l'Union européenne. Quitte à gonfler les chiffres.

L’Europe a parfois bon dos, surtout en période électorale. A cette occasion, certains candidats n’hésitent pas, en effet, à charger la mule. Notamment sur la contribution nette de la France à l’Union européenne.

Ce mardi, lors du grand débat présidentiel sur BFMTV et RMC, Nicolas Dupont-Aignan a ainsi affirmé vouloir, en cas d’élection, "prendre les 8 milliards d’excédents que nous donnons à l’Union européenne pour les donner aux travailleurs". Une semaine plus tôt, sur Europe 1, Marine Le Pen avait été plus loin en assurant vouloir "récupérer 10 milliards" auprès de l’Union européenne.

La réalité est un peu différente. En 2015, la France faisait effectivement partie des pays apportant plus d'argent à l’Union européenne qu'ils n'en perçoivent. Mais l’on est loin des 10 milliards d’euros évoqués par Marine Le Pen, puisque le solde s’élève en fait à 5,5 milliards (en prenant en compte les droits de douane, les prélèvements agricoles et les cotisations sur le sucre).

Loin donc derrière l’Allemagne, principal contributeur net de l'UE, qui, en 2015, a dépensé 14,3 milliards de plus qu’il n’a reçu. Tandis que le Royaume-Uni, affiche lui aussi un solde négatif à hauteur de 11,5 milliards d’euros.

La France, plus gros bénéficiaire 

Sur les 146 milliards d’euros reçus par l’Union européenne en 2015, celle-ci en a reversé un peu plus de 145, le reste étant dédié au bon fonctionnement des institutions. Et la répartition profite en premier lieu à… la France, qui est le plus gros bénéficiaire en volume avec 14,5 milliards d’euros reçus, notamment au titre de la Politique agricole commune (9 milliards au total sont consacrés à l’agriculture française).

Elle se situe juste devant l’Espagne (13,7 milliards) et la Pologne (13,4 milliards). L’Allemagne, quant à elle, n’a reçu "que" 11 milliards d’euros alors qu’elle en a toujours été le principal contributeur.

L'Allemagne plus gros contributeur

Car avec 24,3 milliards versés en 2015, le pays dirigé par Angela Merkel se situe loin devant ses principaux partenaires. La France pointe à la deuxième place, avec 19 milliards, le Royaume-Uni versant lui 18,2 milliards.

Yann Duvert, avec Emeline Gaube