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Polémique autour des retraites chapeaux de 380 cadres de Safran

L'Etat est le premier actionnaire de Safran.

L'Etat est le premier actionnaire de Safran. - -

L'équipementier aéronautique compte mettre en place un système de retraites chapeaux bénéficiant à 380 de ses hauts cadres. Mécontents, les syndicats ont envoyé une lettre à Pierre Moscovici et Arnaud Montebourg.

Après la polémique sur les retraites chapeaux des grands dirigeants de PSA, d'Air France ou encore d'EADS, un nouvel épisode vise aujourd'hui Safran, sur une base certes plus large.

Selon le site de la CFE-CGC, le conseil d'administration du groupe a validé la mise en place d'un système de retraite chapeaux qui bénéficierait à 380 cadres "hors statut" de l'entreprise qui, selon L'Usine Nouvelle, assurerait "un revenu de remplacement de 35% du salaire de fin de carrière aux dirigeants du plus haut niveau". Les mandataires sociaux sont exclus du système.

Le Monde dans son édition du Mercredi 18 décembre affirme que le montant de ces retraites s'échelonnerait entre 2,5 et 3 millions d'euros. Mais les syndicats craignent "que son coût s'avère beaucoup plus élevé dans les années qui viennent que les chiffrages communiqués à ce jour".

D'après ces derniers, le dispositif ne profiterait qu'à 1% des salariés et ''est de nature à altérer la cohésion sociale, nécessaire à l’efficacité collective du groupe".

l'auto-régulation

L'intersyndicale de Safran a donc envoyé une lettre à Arnaud Montebourg et Pierre Moscovici, le 10 décembre dernier, selon L'Usine nouvelle, pour leur demander de suspendre le processus, l'Etat étant actuellement le premier actionnaire de Safran avec 22,41% du capital, même s'il a encore récemment vendu une partie de sa participation dans la société.

Le Monde précise que les représentants de l'Etat au sein du conseil d'administration de Safran n'ont pas voté contre le dispositif en cause. Le quotidien indique par ailleurs que "pour l'heure les courrier des syndicats est resté lettre morte."

Cette péripétie risque de relancer la polémique sur la rémunération des dirigeants qui avait surgi lorsque les syndicats de PSA avaient révélé l'ampleur des provisions passées par le groupe pour assurer la retraite chapeau du président du directoire de la société, Philippe Varin.

Arnaud Montebourg avait alors agité le spectre d'une loi pour limiter les rémunérations des hauts dirigeants d'entreprise. Un hypothèse qui avait ensuite été balayée par Pierre Moscovici. "J’ai toujours dit pour ma part, et c’est une décision du gouvernement, qu’il fallait d’abord faire en sorte que la régulation fonctionne", avait-il alors déclaré le 28 novembre, se réjouissant que Philippe Varin ait renoncé de lui-même à toucher sa retraite chapeau.

J.M.