BFM Business

Pierre Moscovici: "0,1% de croissance en 2013,1,2% en 2014 et 2% en 2015"

Le ministre de l'Economie est sur tous les fronts

Le ministre de l'Economie est sur tous les fronts - -

Mis en cause par l'opposition sur son rôle dans l'affaire Cahuzac, le ministre doit également défendre la politique économique et financière du gouvernement Ayrault. Sur Europe 1 ce dimanche 7 avril, il a tenté de se justifier sur les deux fronts.

Devenu le maillion faible du gouvernement après sa mise en cause dans l'affaire Cahuzac pour avoir, disent ses détracteurs, protégé l'ex-ministre du Budget, Pierre Moscovici s'est défendu, dimanche 7 avril sur Europe 1.

"On me reproche tout et son contraire", a-t-il lancé. "Jusqu'au jour des aveux de Jérôme Cahuzac, je ne savais rien". "Ce n'était pas à moi de mener une enquète parallèle, on me l'aurait reproché". En particulier, s'il n'a pas demandé à l'administration fiscale suisse de s'intéresser au compte à Singapour, c'est parce que "les Suisses nous ont dit qu'il n'y avait pas eu de transfert de compte ", affirme-t-il ensuite. "Je n'ai pas ralenti la préocédure, j'ai tout transmis à la justice.

Pierre Moscovici a d'ailleurs rappelé qu'il venait d'adresser aux présidents UMP des commissions des finances des assemblées une lettre précisant son rôle dans toute l'affaire.

"Je ne sais rien de tout cela", s'énerve-t-il quand on lui pose la question d'un éventuel financement de campagne électorale via les comptes de Jérome Cahuzac.

Enfin, il a rappelé que la loi bancaire en cours de vote au Sénat sera une avancée importante pour la clarté des transactions. Par ailleurs, il va faire deux propositions. " Avec mon collègue allemand, nous prendrons très rapidement une position commune sur la lutte contre la blanchiment". Il souhaite aussi que l'Europe se dote d'un "facta" (Foreign Account Tax Compliance Act) à l'Américaine permettant des échanges d'informations entre les banques.

Prévisions plus optimistes

Le ministre a par ailleurs révélé les prévisions économiques qui seront transmises à Bruxelles prochainement par le gouvernement. Celui-ci a d'ailleurs volontairement retenu les chiffres de la Commission européenne pour éviter les polémiques. "Je souhaite que ce soit plus", a-t-il espéré.

En matière de croissance, ce sera donc 0,1% cette année, 1,2% en 2014 et 2% en 2015, comme pour l'ensemble de la zone euro, a-t-il dit. Le déficit public, lui, sera bien de 3,7% cette année, comme la Commision de Bruxelles le prévoit.

Preuve que les marchés croient bien dans les efforts français pour réduire ce déficit, Pierre Moscovici a rappelé que jamais la France n'avait emprunté aussi peu cher que cette semaine.

Il a aussi voulu confirmer que les impôts n'augmenteraient pas en 2014 sauf la TVA pour financer le crédit d'impôt compétitivité. Le montant des économies sera, lui, connu dans le cadre du programme de stabilité budgétaire transmis à Bruxelles le 17 avril.

P.C.