BFM Business

Moscovici "craint" une croissance "pas loin" du 0,1% de Bruxelles

Pierre Moscovici assure toutefois que le gouvernement met tout en oeuvre pour aboutir à une croissance supérieure à 0,1%

Pierre Moscovici assure toutefois que le gouvernement met tout en oeuvre pour aboutir à une croissance supérieure à 0,1% - -

Le ministre de l'Economie et des Finances a indiqué, ce jeudi 4 avril, que la croissance française risque d'être proche de la prévision de la Commission européenne. Les 0,8% prévus dans le Budget 2013 sont désormais loin.

Alors que le gouvernement est empêtré dans l'affaire Cahuzac, Pierre Moscovici a indiqué, ce jeudi 4 avril, qu'il faudra visiblement se résoudre à une croissance très faible pour 2013. "La Commission européenne dit 0,1%: je crains que ce ne soit pas loin de ça", a-t-il déclaré au cours d'un forum organisé par le journal Libération et Sciences Po.

"On se bat pour que ce soit plus", a-t-il ajouté, alors que la nouvelle prévision de croissance du gouvernement doit être établi, d'ici à la mi-avril, avec le Haut Conseil aux Finances publiques. Selon le ministre, "la croissance devrait reprendre d'ici à la fin de l'année 2013" et "en 2014 nous devrions retrouver un taux de croissance plus convenable, significativement positif".

Pierre Moscovici a, à ce titre, rappelé la prévision de Bruxelles pour l'année prochaine: 1,2% ce qui "lui parait la vraisemblance". Il a ensuite évoqué une croissance de 2% par an à partir de 2015.

En négociation avec Bruxelles sur le déficit

Cette déclaration de Pierre Moscovici démontre ainsi que l'hypothèse retenue pour bâtir le Budget 2013, c'est à dire une croissance de 0,8%, était bien fragile. L'exécutif a officiellement renoncé à atteindre ce chiffre, le 19 février dernier.

Par ailleurs une croissance atone complique un autre impératif: réussir à réduire le déficit public. Une hausse moindre du PIB se traduit, en effet, par des recettes fiscales plus faibles pour l'Etat.

Le gouvernement doit justement travailler avec Bruxelles pour obtenir un délai, c'est à dire pouvoir ramener le déficit à moins de 3% du PIB en 2014, et non en 2013, comme le gouvernement le souhaitait, avant d'abandonner cet objectif, le 13 février.

Julien Marion