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Philippe Martinez: "le gouvernement ne comprend que les mobilisations"

Invité de RMC et BFMTV ce lundi matin, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, revient sur la réforme des retraites et les grèves du service public.

Il y aura "besoin de monde" le 5 décembre, a déclaré ce matin sur RMC et BFMTV, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. Pour le dirigeant syndicaliste l'appel des gilets jaunes à rejoindre la grève contre la réforme du système de retraite "est une très bonne chose".

"Depuis un an presque on essaye de trouver des convergences, et petit à petit on y arrive. Nous avons les mêmes préoccupations : la question du pouvoir d’achat, de l’environnement, la question d’avoir du travail et ne pas être précaire…Il faut qu’il y ait le maximum de salariés et de travailleurs en grève", répond-il. Et d'ajouter : "il faut généraliser la grève. Il y a besoin de monde car ce gouvernement, comme beaucoup de gouvernements dans le monde, ne comprend que les mobilisations", juge-t-il.

"Augmenter les salaires"

Selon lui, la grève de la SNCF souligne un problème fondamental qui est le manque d’emploi. "La deuxième chose c’est les salaires évidement", continue-t-il.

"Il y a beaucoup de conflits en ce moment qui portent sur les salaires, à l’hôpital, dans les services publics, à la direction des finances…c’est un problème généralisé", explique-t-il. 

La retraite des cheminots coûte 3,3 milliards d’euros à l’Etat. Philippe Martinez explique cela par un déséquilibre démographique du fait que des emplois ont été supprimés.

"Si on réembauche, c’est bon pour le service public, c’est bon pour la sécurité, et il n’y aura plus de problème d’équilibre", assure-t-il. "Il y a un bon moyen d’augmenter les cotisations des salariés, c’est d’augmenter les salaires. Sauf que ce sont des choix de société". Pour lui, on peut financer le régime actuel dans les années qui viennent si on fait ce choix de société.

Le problème selon lui réside dans les cotisations patronales. Le passé n'a pas montré le bon exemple : "les réformes successives, tout gouvernement confondus, ont consisté à dire 'on va exonérer de plus en plus les cotisations sociales patronales'".

Sibylle Aoudjhane