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Nucléaire, Glyphosate, Ceta: quel bilan pour Hulot?

Nicolas Hulot a démissionné ce mardi.

Nicolas Hulot a démissionné ce mardi. - Ludovic Marin - AFP

La démission du ministre de la Transition écologique, ce mardi, met un terme à 15 mois de combats dont l’issue ne lui a pas toujours été favorable.

Nicolas Hulot peut-il être "fier" de son bilan, comme l’affirme l’Élysée ce mardi? En 15 mois à la tête du ministère de la Transition écologique et solidaire, ce fervent défenseur de l’environnement aura connu quelques succès politiques, mais aussi beaucoup de déceptions.

Nucléaire, le renoncement

Sujet qui fâche par excellence, le nucléaire aura été un facteur de brouille entre les associations de défense de l’environnement et le ministre Hulot. Notamment quand celui-ci annonce, en novembre 2017, que l’objectif de ramener à 50% la part du nucléaire dans le mix énergétique français ne sera pas tenu. La fermeture de la centrale de Fessenheim aurait pu réchauffer quelque peu leurs relations. Mais celle-ci a une énième fois été repoussée, en raison du retard de l’ouverture de l’EPR de Flamanville.

Notre-Dame-des-Landes, victoire de haute lutte

L’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes aura sûrement été la plus retentissante des victoires de Nicolas Hulot. Opposant de longue date à un projet qu'il jugeait "ruineux, inhumain et inutile", il s’était pourtant mis en retrait - publiquement du moins - du débat politique sur le sujet.

L'interdiction du glyphosate, un compromis critiqué

En novembre 2017, l'UE prolonge pour cinq ans la licence du glyphosate, herbicide controversé accusé par certains de provoquer des cancers. Immédiatement, Emmanuel Macron assure que la France reste déterminée à en sortir en trois ans, position défendue par Nicolas Hulot contre son collègue de l'Agriculture Stéphane Travert qui plaide pour cinq à sept ans.

Cependant, ce compromis ne satisfait pas les défenseurs de l’environnement, qui plaident dans leur globalité pour une interdiction immédiate. Les députés ont également rejeté un amendement, publiquement soutenu par Nicolas Hulot, visant à inscrire dans la loi l'interdiction du pesticide.

Le Ceta, aucun changement

L'accord de libre-échange UE-Canada (Ceta), auquel Nicolas Hulot s'oppose depuis longtemps, est entré en vigueur de façon provisoire et dans sa quasi-totalité le 21 septembre 2017. Si les "effets néfastes" ne sont pas corrigés, les parlementaires devront "en tirer les conséquences" lors de la future ratification, déclare alors Nicolas Hulot. Mais rien ne dit, désormais, qu’il sera écouté.

La loi sur les hydrocarbures, un texte inabouti

Le Parlement adopte en décembre 2017 la loi, portée par Nicolas Hulot, sur la fin de la recherche et de l'exploitation des hydrocarbures en France d'ici 2040. Pour le ministre, ce texte marque la première étape vers la fin des énergies fossiles. Mais certains écologistes lui reprochent d’avoir cédé aux lobbys du secteur, notamment par l'octroi de dérogations.

Y.D. avec AFP