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Montebourg confirme des "discussions" entre Bouygues Telecom et Orange

Arnaud Montebourg était l'invité de BFMTV-RMC ce vendredi 16 mai

Arnaud Montebourg était l'invité de BFMTV-RMC ce vendredi 16 mai - -

Le ministre de l'Economie est venu s'expliquer sur BFMTV et RMC ce vendredi 16 mai alors qu'il vient de faire adopter une arme anti-OPA étrangère en pleine affaire Alstom. Et que Bouygues Telecom voudrait se faire racheter par Orange.

Arnaud Montebourg sur tous les fronts: dossier Alstom, décret anti-OPA étrangères dans les secteurs startégiques, rumeurs de rapprochement entre Bouygues Telecom et Orange... Le ministre de l'economie était sur BFMTV et RMC ce vendredi 16 mai pour s'expliquer.

> Rapprochement entre Bouygues et Orange

"Je n'ai pas d'information à donner. Il ne m'appartient de faire des commentaires car ce sont des entreprises cotées", a-t-il affirmé sur ce dossier."Il y a des discussion multiples de part et d'autres", a-t-il toutefois poursuivi.

Arnaud Montebourg a ensuite rappelé que le gouvernement "encourage un retour à trois opérateurs" et se bat "pour un secteur en ruine". "Nous ne pouvons continuer aujourd'hui avec une concurrence échevelée et des prix les plus bas du monde", a-t-il considéré. "Il y a eu trop de destructions d'emplois" et de "casse sociale" a-t-il fait savoir.

"L'acquis de baisse des prix" due à l'arrivée de Free sur le marché du mobile "sera conservé", a-t-il néanmoins assuré. Mais avec la consolidation des opérateurs "nous aurons les moyens d'investir dans la fibre", a-t-il plaidé.

> Décret anti-OPA

Il a confirmé que ce décret concerne environ un tiers des entreprises du CAC40. Arnaud Montebourg a également rappelé que ce décret protège "les intérêts industriels du pays". "Un état ne peut pas ne pas organiser la protection de ses intérêts stratégiques dans les transports, dans l'eau ou dans l'énergie", a-t-il plaidé.

Revenant ensuite sur les remarques de la Commission européenne il a jugé qu'"elles sont légitimes"."Nous allons discuter avec Bruxelles", a-t-il poursuivi.

> Dossier Alstom

Revenant sur le dossier Alstom, il a rappelé ne pas avoir apprécié le silence de Patrick Kron, le parton d'Alstom, qui ne l'a pas mis au courant d'un rapprochement avec General Electric. "Quel est l'Etat dans le monde qui accepterait qu'une entreprise qui vit de la commande publique soit vendue en 72heures" sans que le gouvernement soit mis au courant.

Il a ensuite rappelé que "nous préferons des alliances", plutôt que des rachats. A ce sujet, il a affirmé ne jamais avoir critiqué la fusion, finalement avortée entre Publicis et Omnicom. ''D'ailleurs General Electric a une alliance avec Safran", a-t-il fait valoir.

Interrogé sur une éventuelle entrée de l'Etat au capital d'Alstom, il a répondu "je ne sais pas,je ne l'exclus pas". "Nous avons grâce à la BPI 3.000 participations" dans des entreprises, "nous avons l'habitude d'un fonds souveraint qui intervient", a-t-il fait valoir.

> Fiscalité des ménages

Manuel Valls a annoncé qu'il fera sortir 1,8 million de ménages de l'impôt sur le revenu. "C'est une décision de justice sociale mais aussi d'économie", qui va permettre "de redistribuer du pouvoir d'achat", a réagi Arnaud Montebourg, ajoutant que cette initiative ressemble à celle prise par le président du Conseil italien Matteo Renzi.

> Croissance 0

L'Insee a publié une croissance nulle au premier trimestre. Arnaud Montebourg a reconnu que "ce ne sont pas de bons résultats", a-t-il reconnu. "Mon rôle n'est pas de faire des pronostics mais d'être un militant de la croissance", a-t-il affirmé.

"Nous n'avons pas aujourd'hui une équipe à la tête de l'Union européenne qui est en mesure de nous apporter la croissance", a-t-il affirmé.

J.M.