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Brésil: Bolsonaro prévoit 275 milliards d'euros d'économies sur les retraites

Le président du Brésil, Jair Bolsonaro - Image d'illustration

Le président du Brésil, Jair Bolsonaro - Image d'illustration - Sergio Lima - AFP

Le président brésilien a présenté ce mercredi son vaste projet de réforme du système de retraites. Il est question d'instaurer un âge minimum de départ, de relever la durée de cotisations et de mettre en place d'un système par capitalisation. Le texte prévoit 275 milliards d'euros d'économies sur dix ans.

Le président brésilien Jair Bolsonaro a présenté mercredi au Congrès un projet de réforme des retraites qui pourrait faire économiser plus de 275 milliards d'euros au pays sur 10 ans et dont l'approbation est fondamentale pour l'avenir de son mandat.

"Nous comptons tous sur votre compétence et votre patriotisme pour sauver l'économie brésilienne. Nous n'avons pas d'autre issue", a affirmé le chef de l'Etat avant de remettre le projet de 66 pages entre les mains du président de la Chambre des Députés Rodrigo Maia.

Si le projet orchestré par le ministre de l'Economie ultra-libéral Paulo Guedes est approuvé tel quel, le gouvernement table sur une économie de 1164 milliards de réais (275 milliards d'euros) sur dix ans. Les marchés ont d'abord réagi avec enthousiasme: la Bourse de Sao Paulo a ainsi ouvert sur une hausse de près de 0,5%. Mais l'indice Ibovespa a ensuite chuté légèrement, avant de se stabiliser autour de +0,25% à la mi-journée, en raison, selon les analystes, d'inquiétudes quant aux difficultés de faire approuver le projet.

Jair Bolsonaro est arrivé au Congrès sous les huées de parlementaires d'opposition, qui brandissaient des oranges, en référence au terme "Laranja", qui désigne des candidats fantômes dont son parti est accusé d'avoir fait bénéficier de financements illicites.

Instauration d'un âge minimum de départ

Un millier de personnes manifestaient à Sao Paulo, capitale économique du pays, à l'appel des principaux syndicats, qui dénoncent la "fin du système des retraites au Brésil". Ce projet impopulaire signerait effectivement la fin d'un système de retraites particulièrement généreux, dans un pays vieillissant de 210 millions d'habitants.

"Nous avons commis des erreurs par le passé, moi même j'en ai commis (en tant que député, il avait voté contre un autre projet de réforme des retraites en 2003), mais nous avons aujourd'hui une grande opportunité d'assurer des revenus pour les nouvelles générations au moment de leur retraite", a affirmé mercredi Jair Bolsonaro.

Comme le gouvernement l'avait déjà annoncé, la principale nouveauté du texte est l'âge minimum de départ à la retraite: 62 ans pour les femmes et 65 pour les hommes, à l'issue d'une période de transition de 12 ans. Le système actuel ne prévoit pas d'âge minimum. La durée de cotisation minimale a été par ailleurs relevée à 20 ans au lieu de 15 ans actuellement, mais il faudra cotiser 40 ans pour obtenir une retraite à taux plein.

Le projet prévoit également la mise en place d'un système de retraites par capitalisation, auquel ne pourront en principe adhérer que les personnes ayant fait leur entrée sur le marché du travail après l'approbation du texte.

Le patronat espère que la réforme donnera un coup de fouet à une croissance encore chancelante après la récession historique de 2015-2016. Les principales caisses de retraite ont cumulé en 2018 un déficit de 292 milliards de réais (70 milliards d'euros), l'équivalent de 4,25% du PIB, contre 2,1% en 2011. Pour le cabinet de consultants britannique Capital Economics, le texte est "ambitieux, mais c'est juste un point de départ". "La vision économique est une chose, mais la façon dont le texte sera appréhendé au niveau politique en est une autre. Ce sera difficile de maintenir le projet originel", abonde Alex Agostini, consultant chez Austin.

Jean-Christophe Catalon avec AFP