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Les opérateurs du fret ferroviaire demandent des compensations à l'Etat

Les professionnels du fret estiment que la grève a coûté plusieurs dizaines de millions d'euros au secteur

Les professionnels du fret estiment que la grève a coûté plusieurs dizaines de millions d'euros au secteur - RAYMOND ROIG- AFP

Ils estiment avoir perdu des dizaines de millions d'euros à cause de la grève contre la réforme des retraites. Plusieurs professionnels du fret ferroviaire demandent des compensations à l'Etat, dans une lettre ouverte au président de la République.

La grève pèse très lourd sur le fret ferroviaire. "Depuis désormais 46 jours, les grèves affectent considérablement notre secteur. Nos clients souffrent également. Ils sont confrontés à des chaînes d'approvisionnement paralysées et sont contraints d'utiliser le transport routier", déplorent plusieurs professionnels du fret ferroviaire dans une lettre publiée dans le Journal du Dimanche

Ils estiment leurs pertes à plusieurs dizaines de millions d'euros depuis le début du mouvement social le 5 décembre. "Nous vous invitons donc, Monsieur le Président, à instaurer un système de compensation prenant en compte l'ensemble des pertes que nous avons subies, permettant ainsi de préserver notre secteur et notre engagement sociétal."

Cette lettre est signée par l'Association française du rail, l'Afra, qui regroupe les concurrents de la SNCF, les compagnies de fret belge Lineas et françaises Europorte et RegioRail, l'association des opérateurs de proximité Objectif OFP, l'Association française des détenteurs de wagons et le Groupement national des transports combinés. La SNCF n'est pas associée à la démarche, qui a selon ses auteurs pour but de "tirer la sonnette d'alarme".

Les professionnels réclament des mesures fortes

Le trafic fret était assuré samedi à 70%, après avoir longtemps stagné autour de 15% pendant la grève, selon l'Afra. S'ils saluent les initiatives prises par le gouvernement pour le développement du fret ferroviaire, les signataires demandent "des mesures fortes et ambitieuses en faveur du transport ferroviaire". Les signataires évoquent la sauvegarde de leur secteur mais aussi l'impact positif sur l'environnement et la société en général. 

"La part modale du rail dans le transport de marchandises n'est que de 9% en France alors qu'elle est de 18% en Europe. Cela doit changer!", écrivent-ils. 

"Tout le monde est d'accord sur le fait qu'il faut relancer le fret ferroviaire", reconnaissait vendredi la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne. "Des mouvements de grève comme celui-là, c'est très pénalisant pour le fret" déplorait-elle lors de ses voeux à la presse, sans toutefois évoquer de compensation pour le secteur.

Sandrine Serais avec AFP