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Le gouvernement face à un calendrier social ultra-chargé

Alors que l'exécutif va présenter ce vendredi la version définitive des ordonnances sur la réforme du code du travail, plusieurs journées de mobilisation nationale sont prévues. Routiers, fonctionnaires et retraités vont notamment battre le pavé.

Muriel Pénicaud l'a promis: face à la colère de la rue, "le gouvernement ne va pas reculer". La ministre du Travail garde donc le cap, refusant même de commenter le nombre de manifestants qui avaient pris part à la première journée de mobilisation contre la réforme du code du travail, le 12 septembre dernier.

L'exécutif, qui doit dévoiler vendredi le contenu exact des ordonnances, va néanmoins encore faire face à un agenda social pour le moins chargé.

Déjà ce lundi, les syndicats routiers CFDT et CFTC ont donné un "coup de semonce" pour protester contre la réforme du code du travail, texte dont ils estiment qu'il pénalise grandement le secteur routier, composé à 80% de TPE-PME. Il s'agit plus d'un premier avertissement que d'une journée de blocages durs. "Cela pourra se durcir en fonction des nouvelles réformes", prévient toutefois Thierry Douine, président de la CFTC-Transport.

Les véritables "tests" pour l'exécutif auront lieu en deuxième partie de semaine. Jeudi sera ainsi donné le coup d'envoi de la deuxième journée de mobilisation nationale à l'initiative de la CGT. L'occasion donc de prendre la température de la fronde populaire alors que Philippe Martinez s'était dit satisfait de la mobilisation lors de la première journée, avec environ 470.000 participants sur l'ensemble de la France selon la CGT et 223.000 selon le ministère de l'Intérieur.

Pour la suite, du côté du syndicat on estime "qu'il n'y a pas de raison que la mobilisation baisse". Selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting, 68% des Français ont néanmoins considéré que la première journée de manifestation avait été "un échec". Mais dans le même temps, 50% d'entre eux pensent que le mouvement va prendre de l'ampleur.

"La marche contre le coup d'État social"

Deux jours plus tard, les manifestations prendront une couleur plus politique. Samedi 23 septembre, la France insoumise organise ainsi sa "marche contre le coup d'État social". Une façon pour Jean-Luc Mélenchon et ses partisans d'occuper le terrain et de ne pas laisser la CGT incarner la seule force d'opposition visible face au texte. Ce qui semble d'ailleurs marcher: selon le sondage Odoxa déjà cité, les Français considèrent davantage Jean-Luc Mélenchon comme le leader de la fronde anti-réforme code du travail, que Philippe Martinez (33% contre 13%).

À ce titre, l'organisation de la deuxième journée de mobilisation nationale par la CGT à deux jours du rassemblement la France insoumise a pu être interprétée comme une volonté de contrer le parti d'extrême gauche. "La situation est délicate pour Philippe Martinez: il ne peut pas se montrer moins combatif que La France insoumise, sauf à risquer de se faire boulotter par celle-ci", explique ainsi au Monde le spécialiste des questions sociales et président d'Alixio Raymond Soubie.

Les retraités et les fonctionnaires

Une fois ces deux grands rendez-vous passés, le gouvernement devra ensuite faire face à la gronde de plusieurs corporations. D'abord et à nouveau, les routiers qui feront cette fois grève à l'appel de la CGT Transports et de FO Transports. Comme la CFDT et la CFTC, les deux fédérations dénoncent des mesures contenues dans la réforme du code du travail qui pénalisent les salariés dans les TPE-PME. Mais cette fois l'action devrait être plus musclée: "Ce sera une grève qui aura des conséquences très fortes sur l'économie française", promet ainsi le secrétaire général de la CGT-Transports, Jérôme Vérité, qui ajoute que les dépôts de carburants seront "bien évidemment" ciblés.

Ensuite, les retraités le 28 septembre. Neuf organisations syndicales, parmi lesquelles la CGT retraites et FO retraites les ont en effet appelés à descendre dans la rue pour protester contre la hausse de la CSG, qui touchera 60% des retraités. Le gouvernement semble néanmoins préparer des gestes pour calmer leur colère, notamment pour les retraités qui subiraient cette augmentation, et qui, dans le même temps, seraient déjà exonérés de taxe d'habitation.

Enfin, une autre journée "chaude" est prévue le 10 octobre. À cette date aura lieu une grève de la fonction publique à l'appel de la totalité des syndicats. Sont dénoncés le gel du point d'indice, le rétablissement d'une journée de carence. Mais aussi la volonté du gouvernement de "compenser simplement" la hausse de CSG sans créer de hausse du pouvoir d'achat, comme c'est le cas avec les salariés du privé.

Les grandes dates

18 septembre: Grève des routiers (CFDT, CFTC)

21 septembre: Deuxième journée de mobilisation nationale à l'appel de la CGT

23 septembre: "Marche contre le coup d'État social" de la France insoumise

25 septembre: Grève des routiers (FO, CGT)

28 septembre: Appel à la grève des syndicats de retraités

10 octobre: Appel à la grève des syndicats de la fonction publique

Julien Marion avec AFP