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Liaison Lyon-Turin: Paris presse Rome de décider de l'avenir du projet

"Aujourd'hui, on dit clairement aussi aux Italiens qu'il faut que cette décision vienne", a déclaré Elisabeth Borne sur Public Sénat.

"Aujourd'hui, on dit clairement aussi aux Italiens qu'il faut que cette décision vienne", a déclaré Elisabeth Borne sur Public Sénat. - Ludovic Marin-AFP

Élisabeth Borne a demandé au gouvernement italien de trancher "maintenant" sur la construction du tunnel ferroviaire du Lyon-Turin sous les Alpes. La coalition au pouvoir à Rome s'écharpe sur le sujet tandis qu'un rapport d'experts italiens publié est très défavorable au projet.

"La France respecte clairement le temps qu'ont souhaité prendre nos partenaires italiens. Mais aujourd'hui, on dit clairement aussi aux Italiens qu'il faut que cette décision vienne", a déclaré Élisabeth Borne sur l'antenne de Public Sénat à propos de l'axe ferroviaire Lyon-Turin qui divise la coalition politique au pouvoir en Italie.

"Il y a des financements européens à la clef (...). Il faut qu'une décision intervienne maintenant pour qu'on ne perde pas ces financements", a dit la ministre des Transports, rappelant que le projet est censé être financé à 40% par l'Union européenne qui a fait savoir qu'elle était prête à monter à 50%.

Long de 57,5 km, le tunnel en cours de creusement sous les Alpes côté français a été évalué à 8,6 milliards d'euros, dont 2,5 milliards ont déjà été investis. Pour Élisabeth Borne, "c'est un projet très important" et il n'est "clairement pas" enterré." "Est-ce qu'on peut se satisfaire d'une situation comme ça?", a-t-elle lancé, notant que les vallées des Alpes françaises "n'en peuvent plus de voir des camions" "Il y a des enjeux de pollution", a-t-elle insisté.

Un rapport d'experts italiens à charge contre le projet

En Italie, c'est peu de dire que ce projet d'infrastructure sème la zizanie parmi l'exécutif au pouvoir. La Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini est très favorable à ce projet cher à sa base de petits entrepreneurs, tandis que le Mouvement 5 Étoiles (M5S, antisystème) de l'autre vice-Premier ministre, Luigi Di Maio, y est farouchement opposé, y voyant un gaspillage d'argent public.

Par ailleurs, un rapport d'expert publié côté italien estime que le Lyon-Turin aura une rentabilité très négative, avec des coûts supérieurs de 7 milliards d'euros à ses bénéfices d'ici à 2059. Mais il a été rejeté par les partisans du projet car écrit par des opposants notoires et prenant en compte, par exemple, le manque à gagner pour l'État italien en termes de taxes sur le carburant et de produit des péages autoroutiers si le nombre de camions traversant les Alpes devait diminuer,... ce qui est le but même du tunnel.

Frédéric Bergé avec AFP