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Des personnels du ministère du Travail protestent contre le manque d'effectifs

La ministre du Travail Elisabeth Borne à la sortie de l'Elysée, le 31 mars 2021 à Paris

La ministre du Travail Elisabeth Borne à la sortie de l'Elysée, le 31 mars 2021 à Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Les inspecteurs du travail se sont mobilisés ce mardi pour dénoncer leurs conditions de travail et un manque d'effectifs.

Quelques dizaines de salariés du ministère du Travail, très majoritairement des inspecteurs, se sont mobilisés ce mardi à Paris pour dénoncer leurs conditions de travail et un manque d'effectifs lors d'une journée nationale de mobilisation. "Inspecteur du travail, épidémie de postes vacants", clamait une pancarte aux abords du ministère, à l'angle de rue de Grenelle et du boulevard des Invalides où une cinquantaine de personnes se sont rassemblées dans l'après-midi à l'appel d'une intersyndicale (CGT-SUD-FSU-FO-CFDT-Unsa-CFDT).

"Lors de ma mission précédente, j'ai occupé deux postes à la fois pendant six mois. C'était très stressant parce que je ne pouvais faire mon travail correctement. Je devais choisir les pires dossiers et laisser le reste" pour plus tard, a témoigné une inspectrice du travail évoluant en Ile-de-France, qui a souhaité garder l'anonymat.

Dans un communiqué, la CGT-TEFP (travail, emploi, formation professionnelle) réclame, au lieu d'un plan de recrutement de 300 inspecteurs sur trois ans, qu'il soit porté à 1000 pour remplacer 300 emplois non pourvus et 700 départs à la retraite, "sans compter des créations de postes". Au-delà des inspecteurs du travail, "la situation dans les services est catastrophique (...) En Ile-de-France, on est soi-disant en sureffectif de 4%" parmi les personnels du ministère "alors que 82 postes d'agents sont vacants. Pour certains départements, il manque 25 à 30% des effectifs", affirme Simon Picou, secrétaire national CGT-TEFP.

Des emplois "supprimés et pas remplacés"

Entre les postes vacants et les départs à la retraite, les syndicats estiment qu'un bon nombre d'emplois "vont être supprimés et pas remplacés". Autre point de blocage: la réforme de l'organisation territoriale entrée en partie en vigueur le 1er avril 2021 qui, au niveau départemental, fusionne certains services et oblige à une réorganisation des tâches entraînant des dysfonctionnements, selon les syndicats.

Des initiatives semblables étaient prévues dans plusieurs départements. A Saint-Etienne, près des trois-quarts des agents de la nouvelle Direction du ministère du travail (qui remplace la Direccte depuis le 1er avril) étaient en grève et un cortège de 150 personnes a rejoint la préfecture où une délégation a été reçue, selon les organisateurs.

Selon Kevin Goutelle, inspecteur du travail et représentant SUD, le nombre de ses collègues "est passé dans la Loire de 27 à 17 depuis 2017" et "plus d'une cinquantaine de communes du département, dont Saint-Chamond et une partie de Saint-Etienne, sont désormais dépourvues d'agents de contrôle".

P.L. avec AFP