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Télétravail: le gouvernement renforce les contrôles

JPG, le spécialiste des fournitures et du mobilier de bureau

JPG, le spécialiste des fournitures et du mobilier de bureau - Shutterstock / marvent

Le ministère du Travail a envoyé vendredi une instruction à l’Inspection du travail pour intensifier les contrôles dans les entreprises alors qu'un tiers des actifs pouvant télétravailler en mars ne l'ont pas fait.

Convaincu que l'entreprise est particulièrement propice aux chaînes de contamination au covid, le gouvernement entend encore serrer la vis sur le télétravail. Alors qu'un nouveau protocole a été publié la semaine dernière enjoignant les entreprises à mettre en place un plan d'action sur le travail à distance, le ministère du Travail a invité l'Inspection du travail à renforcer les contrôles in situ.

Car pour le gouvernement, malgré les appels et les menaces de sanction, beaucoup d'entreprises ne jouent toujours pas le jeu. Ainsi, selon une nouvelle étude, plus d'un tiers des actifs pouvant télétravailler en mars ne l'ont pas fait.

J’ai conscience que nous demandons des efforts considérables aux entreprises et à leurs salariés depuis le début de l’épidémie. (...) Les études scientifiques le montrent, le télétravail est efficace pour réduire le risque de contamination", répète la ministre du Travail, Élisabeth Borne.

34 mises en demeure depuis le début de l'année

Les contrôles ciblés, notamment dans les secteurs comme la Banque-Assurance, vont se multiplier dans les prochains jours mais pour quels résultats? Si le gouvernement assure que dans 90% des cas, les mises en demeure sont suivies d'effet, seulement 34 mises en demeure ont été effectivement prononcées sur un total de 24.000 contrôles depuis le début de l'année.

De son côté, le patronat demande de la souplesse et espère que le gouvernement maintiendra la possibilité pour les salariés en télétravail de revenir au bureau un jour par semaine en cas de durcissement des restrictions sanitaires.

"Reconfiner ça veut dire quoi par rapport à ce qu'on a aujourd'hui ? On pourrait rendre le télétravail obligatoire. Moi je n'y suis pas favorable", a déclaré Geoffroy Roux de Bézieux, patron du Medef sur LCI.

"On voit bien la limite de l'exercice. On a énormément de mal dans beaucoup d'entreprises à ce que les gens respectent les quatre jours sur cinq minimum" en télétravail, a-t-il ajouté.

"Le gouvernement pourrait supprimer ce jour de soupape. Si ça dure 15 jours, trois semaines, on tiendra le choc, mais si ça dure plus longtemps, je crains les ravages sur la santé mentale de nos collaborateurs", a-t-il poursuivi.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business