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Qui va payer les 50 milliards d'économies de Hollande?

Le plan d'économies sera présenté au Conseil des ministres du 23 avril

Le plan d'économies sera présenté au Conseil des ministres du 23 avril - -

Le gouvernement transmettra mardi 15 avril ses prévisions budgétaires au Haut conseil des finances publiques avant de les soumettre, le 23, au Conseil des ministres puis au Parlement. Le plan d'économies doit être bouclé ce dimanche.

On entre enfin dans le dur. Ce week-end, François Hollande, Manuel Valls et Michel Sapin, le nouveau ministre des Finances, mettent la dernière main aux prévisions budgétaires de la France jusqu'en 2017 et au plan de 50 milliards d'euros d'économies qu'elles prévoient.

Mardi, ces prévisions seront adressées pour avis au Haut conseil des finances publiques présidé par Didier Migaud, le premier président de la Cour des comptes. Ce projet sera ensuite présenté le 23 avril au Conseil des ministres avant d'être soumis au Parlement le 29 avril.

C'est alors que la trajectoire des finances publiques sera adressée à Bruxelles avec deux semaines de retard pour cause de changement de gouvernement. Les autres pays de l'Union européenne vont transmettre leurs documents dès cette semaine.

Dans quelques jours, les Français vont donc enfin savoir qui va payer les 50 milliards d'économies annoncées par François Hollande pour financer le pacte de responsabilité. Selon un sondage pour Dimanche Ouest France paru ce 13 avril, 54% des Français se disent prêts à faire personnellement des efforts.

> Les fonctionnaires

Même s'ils votent majoritairement à gauche, les fonctionnaires seront touchés par les économies. Le point d'indice qui sert à calculer les traitements devrait être encore gelé les prochaines années. Leur cotisation de 1% qui finance les allocations de solidarité chômage devrait être déplafonnée. Le calcul du supplément familial versé aux agents avec enfants pourrait être revu pour en limiter le coût.

Autre mesure: le nombre de nouveaux postes prévus à l'Education nationale devrait être revus à la baisse, sans doute loin des 40.000 évoqués jusque là.

Concernant globalement les effectifs de fonctionnaires, les 550 opérateurs de l'Etat (établissements publics, associations...) qui emploient 443.000 personnes et ont beaucoup embauché ces derniers temps vont être mis à la diète. Ils devront réduire leurs effectifs dès 2015.

> Les allocataires

C'est là que la grogne risque d'être la plus vive, en particulier à gauche. Manuel Valls, dans son discours de politique génétale, a annoncé 11 milliards d'euros d'économies sur les diverses allocations versées aux Français. Certaines mesures sont déjà entrées en vigueur comme le durcissement des allocations chômage et le gel des retraites complémentaires.

Une nouvelle étape devrait être franchie avec la désindexation des allocations. A l'avenir, elles seraient donc revalorisées moins que l'inflation. La distribution des aides au logement sera revue à la baisse, l'APL étant réservée aux étudiants boursiers.

> Les assurés sociaux

Pas de déremboursement ni de nouvelles franchises sur certains soins, a annoncé l'exécutif. Les 10 milliards d'euros d'économies prévus sur la sécurité sociale d'ici 2017 seront en partie trouvés sur le prix des médicaments et sur les génériques. Ce qui n'aura pas de conséquence sur les assurés.

Mais cela ne suffira pas. C'est sur l'hôpital que le gouvernement veut faire peser les efforts. Il va leur être demandé de rationaliser leur organisation et leur gestion, ce qui immanquablement pourrait avoir des conséquences sur les malades.

> Les contribuables locaux

Dans l'attente de la grande réforme territoriale annoncée par le Premier ministre à partir de 2017, les élus locaux vont être priés de se serrer la ceinture. Les dotation d'Etat devraient baisser de 10 milliards d'euros en trois ans et non de 1,5 milliard comme actuellement.

Conséquence, ce que l'Etat via le contribuable national ne versera plus, c'est le contribuable local qui le fera avec ses impôts locaux, au premier rang la taxe d'habitation. Les nouveaux maires élus le 30 mars dernier pourraient d'ailleurs intégrer des hausses de taux dans les budgets qu'ils élaborent en ce moment.

Patrick Coquidé