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Coup de rabot en vue sur les prestations sociales

Le gouvernement veut trouver 11 milliards d'économies sur les prestations sociales d'ici 2017.

Le gouvernement veut trouver 11 milliards d'économies sur les prestations sociales d'ici 2017. - -

Manuel Valls a repoussé à la fin avril la présentation du plan de 50 milliards d'économies. Le plus difficile à boucler semble être le volet social, avec 10 milliards sur la santé, et surtout 11 milliards de baisse des prestations sociales.

"On ne touchera pas aux prestations familiales". C'est Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales, qui l'affirmait sur BFMTV le 15 janvier dernier au lendemain de l'annonce par François Hollande de 50 milliards d'euros d'économies pour financer le pacte de responsabilité.

La ministre qui a été reconduite dans ses fonctions dans le gouvernement Valls pourra-t-elle encore dire la même chose dans quelques jours, lorsque le Premier ministre détaillera le plan d'économies à la fin avril?

En effet, sur 50 milliards à trouver d'ici à 2017, 10 doivent provenir d'économies sur les dépenses de maladie, essentiellement hospitalières. Mais surtout, Manuel Valls a annoncé lors de sa déclaration de politique générale, le 8 avril dernier, que 11 autres milliards devront être trouvés grâce aux fruits "d'une plus grande justice, d'une mise en cohérence et d'une meilleure lisibilité de notre système de prestations".

En clair, le gouvernement veut toucher à certaines prestations ou allocations pour dégager des marges de manoeuvres. Mais quelles prestations? Difficile en tout cas alors que la ligne politique est désormais à davantage de social.

Désindexation des prestations

Déjà, les retraites complémentaires ne seront pas revalorisées cette année. De même, certaines prestations familiales comme l'allocation de base de la prestation d'accueil du jeune enfant (Paje) est divisée par deux pour les ménages aisés.

Mais cela ne suffira pas à atteindre 11 milliards. Le gouvernement étudierait donc la désindexation de toutes les prestations. Première option: elles seraient revalorisées d'un point de moins que l'inflation et non plus au même niveau que celle-ci, comme cela vient d'avoir lieu le 1er avril. Seconde solution, plus radicale: elles ne seraient plus revalorisées du tout jusqu'en 2017, ce qui permettrait 600 millions d'économies par an.

Outre la désindexation, le gouvernement planche aussi sur les conditions d'attribution de certaines prestations, comme les aides aux parents ou l'allocation de solidarité versée par l'Etat aux chômeurs non indemnisés.

Enfin, les aides au logement (5 milliards par an) devraient faire l'objet d'un coût de rabot, celles jugées inefficaces et trop coûteuses étant supprimées ou revues à la baisse.

P.C