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La remise à plat de la fiscalité d'Ayrault ne convainc pas

Le Premier ministre a proposé ce 19 novembre une remise à plat de notre système fiscal

Le Premier ministre a proposé ce 19 novembre une remise à plat de notre système fiscal - -

Le Premier ministre a annoncé ce 19 novembre une remise à plat de la fiscalité, en précisant à l'Assemblée que la première étape interviendrait dans le budget 2015. Mais les premières réactions sont loin d'être positives.

C'est sur le terrain de la fiscalité que Jean-Marc Ayrault a voulu reprendre la main. Dans une interview aux Echos de ce 19 novembre, le Premier ministre a annoncé une remise à plat de la fiscalité.

"Je crois que le temps est venu d’une remise à plat, en toute transparence, de notre système fiscal", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il allait recevoir "dans quelques jours" les partenaires sociaux pour engager un débat autour de la fiscalité française.

Tout en précisant que cela se ferait "à prélèvements obligatoires constants", et avec pour objectif de mettre en oeuvre les différentes mesures dans le projet de budget 2015.Un peu plus tard, il confirmait que l'écotaxe serait suspendue jusque là, c'est à dire au mieux en 2015.

Dans l'après-midi, à l'Assemblée nationale, il a confirmé l'importance de cette remise à plat. Et que sa "première étape" serait inscrite dans le budget 2015 pour "tracer les perspectives" de la réforme fiscale. En clair, Matignon devrait faire ses propositions à l'été 2014.

"jeu de bonneteau" selon Gattaz

Mais le moins qu'on puisse dire, c'est que cette annonce n'a pas suscité un grand enthousiasme. A l'UMP, Jean-François Copé comme Valérie Pécresse ont raillé les projets du Premier ministre.

A gauche, les réactions sont pour le moins prudentes, mis à part les élus écologistes qui y voient "une annonce audacieuse" selon la formule de la députée Barbara Pompili. Selon Christian Eckert, le rapporteur général PS du Budget à l'Assemblée, le Premier ministre a enclenché un "mouvement global" qui peut prendre "plusieurs années".

Son collègue Gérard Bapt, rapporteur général du budget de la Sécurité sociale, est plus critique. Il s'est dit "réticent" à une fusion de l'impôt sur le revenu (IR) et de la CSG, qui devrait constituer l'un des grands axes de cette remise à plat.

De son côté, Pierre Gattaz, le président du Medef, a averti. "Si l'objet est de baisser la fiscalité sur les entreprises, nous sommes d'accord pour avancer. Mais si l'objectif est flou et qu'on a encore des zigzags et des zigzags (...), il faudra être extrêmement vigilant". Il a prévenu que le Medef quitterait la table des négociations en cas de "jeu de bonneteau".

P.C