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La cession d'actifs de l'Etat pourrait rapporter 100 millions d'euros aux banques conseils

Les cessions de parts de Safran et EADS depuis le début de l'année ont rapporté 1,6 milliard d'euros

Les cessions de parts de Safran et EADS depuis le début de l'année ont rapporté 1,6 milliard d'euros - -

François Hollande a confirmé, jeudi 16 mai, lors de sa conférence de presse, la prochaine cession de participations de l'Etat dans des entreprises publiques. Une bonne affaire en tout cas pour les banques conseils puisque 100 millions d’euros sont budgétés pour rémunérer leurs prestations.

L’Etat actionnaire va réduire la taille son portefeuille de participations. François Hollande l’a confirmé, jeudi 16 mai, lors de sa conférence de presse, précisant que ces cessions de parts dans des entreprises se feront “sans perte de contrôle” et qu'elles serviront à financer des investissements d'avenir.

Quels bijoux de famille l’Etat va-t-il vendre et pour quels montants? Pour le moment il n’a pas encore officiellement tranché. En tout cas, une vague de cessions de la part d’Etat sera bénéfique pour les banques. Le projet de loi de Finances pour 2013 a ainsi prévu 100 millions d’euros de crédits de paiement pour payer les frais et commissions des banques conseils.

Jean-Claude Frécon, sénateur PS et rapporteur à la commission des finances, rappelait en octobre dernier dans un rapport budgétaire que ce montant correspondait alors à 2% des produits de cessions envisagés, soit 5 milliards d’euros, selon nos calculs.

L'Etat tire les prix vers le bas

Les banques jouent, en effet, un rôle prépondérant. Lors de l’opération, un établissement va être désigné, après appel d’offres, comme banque conseil à proprement parler. Elle évalue la demande pour les titres cédés, le timing ou encore le prix de cession adéquat, comme lors d’une introduction en Bourse. Dans le cadre de la récente cession des parts de l’Etat dans Safran, à hauteur de 3,12%, BNP Paribas avait été retenue.

Cette banque conseil peut participer, ensuite, à l’opération de placement des titres. Différents établissements vont alors établir un carnet d’ordre et se charger de prendre les actions pour les redistribuer aux investisseurs sur le marché. Une décote est appliquée pour attirer ces investisseurs et surtout pouvoir écouler les titres sur le marché de façon quasi-immédiate.

Les banques sont rémunérées via une commission qui se calcule en pourcentage du montant placé. Si pour des raisons de concurrence, les établissements refusent de communiquer leurs tarifs exacts, ces commissions se chiffrent en points de base, c’est à dire entre 0 et 1%.

Et l’Etat a évidemment tendance à tirer les prix vers le bas de la fourchette. La Cour des comptes, dans un rapport de 2008, écrivait ainsi que “les taux sur les opérations de l’Etat sont aujourd’hui bien inférieurs à ceux appliqués à des cédants privés”.

L'Etat anime le marché

Par ailleurs, ces 100 millions d’euros constituent en fait des crédits d’engagements maximum, c’est à dire un plafond. Sous couvert d’anonymat, un banquier spécialiste du sujet s’étonne et estime que ce montant "ne reflète pas forcément la réalité".

Néanmoins, ce même banquier se réjouit que l’Etat prévoit d’autres cessions de grande taille. Le marché a connu plusieurs opérations d’envergure, avec les cessions de titres d’EADS de l’Etat, et du groupe Lagardère, la vente de Safran ou encore plus récemment, la cession de GBL (Albert Frère) de ses titres GDF Suez. Il devrait donc rester animé grâce à l’Etat.

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Julien Marion