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Déficit: Moscovici et Cazeneuve promettent de "poursuivre les efforts"

Bruxelles s'inquiète du déficit français.

Bruxelles s'inquiète du déficit français. - -

Les ministres ont réagi, ce mercredi 5 mars, à la mise sur surveillance renforcée de Bruxelles qui a épinglé la France sur ses déficits. Ils promettent de garder le cap en matière d'efforts budgétaires.

Paris réagit après avoir été épinglé par Bruxelles, qui a mis la France, ce mercredi 5 mars, sous surveillance renforcée, s'inquiétant du dérapage de la France sur ses déficits.

Dans un communiqué, Pierre Moscovici et Bernard Cazeneuve, respectivement ministre de l'Economie et du Budget, rappelle les efforts budgétaires accomplis et assurent que "le gouvernement poursuit sa stratégie de maîtrise rigoureuse de la dépense" et "que le gouvernement s'est engagé à poursuivre son effort de rétablissement des comptes publics à partir de 2015".

"Le gouvernement est par ailleurs déterminé à poursuivre ses efforts de soutien à l’offre productive pour permettre à l’économie française de retrouver durablement une croissance plus forte et plus d’emploi", écrivent-ils.

Interrogé lors de "Questions d'Info" LCP/FranceInfo/AFP/LeMonde sur l'éventualité que la France demande un nouveau délai pour respecter l'objectif des 3% du PIB, Pierre Moscovici a répondu: "pour 2014, nous avons les outils pour faire face à des aléas éventuels que nous pourrions constater quand nous aurons les résultats de la gestion de 2013 (fin mars, ndlr) et, pour le reste, nous nous engageons à faire des économies qui nous permettent de respecter la trajectoire qui est la nôtre, qui est une trajectoire de réduction des déficits publics".

Un virage pris par Bruxelles

La Commission européenne a pressé, ce mercredi 5 mars, la France de poursuivre ses efforts de consolidation budgétaire.

L'exécutif européen lui a ainsi adressé une recommandation spécifique, un "honneur" qu'elle partage avec la seule Slovénie dans la zone euro, pour attirer son attention sur les risques de non-respect de ses objectifs en termes de baisse des déficits publics.

Cette mesure marque un virage de la part de Bruxelles qui jusque-là avait fait preuve de clémence vis-à-vis de la France, lui accordant des délais supplémentaires, et soulignant les efforts accomplis sur le déficit structurel par l'Hexagone.

A partir de cette avertissement, la Commission peut, dès juin dernier, choisir d'engager une procédure contre la France pour déficit excessif, si elle juge que Paris ne tient pas ses engagements.

Moscovici va rencontrer Olli Rehn

Mais, visiblement, l'exécutif européen a perdu patience. "La France est sur une trajectoire qui risque de l'amener à rater ses objectifs de déficit aussi bien structurels que nominaux", écrit-elle, s'appuyant sur ses prévisions économiques, publiées le 25 février dernier.

Dans ce dernier document, la Commission estimait que le déficit français atteindra 4% en 2014 et 3,9% en 2015, loin très loin des prévisions de l'exécutif français (3,6% pour 2014 et 2,8% pour 2015), qui s'est engagé à revenir sous les 3% de déficit dans deux ans.

Pierre Moscovici avait indiqué qu'il allait rencontrer Olli Reh, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, pour "entamer une phase de dialogue pour bien identifier les sources éventuelles d'écart" d'estimation sur le déficit.

Le Commissaire européen finlandais a également déclaré, ce mercredi, "attendre avec impatience" les détails du pacte de responsabilité de François Hollande.

L'endettement, une menace pour la France

Bruxelles estime, par ailleurs, que la hausse continue de la dette publique française depuis 2010 constituait un risque pour son économie mais aussi celle de l'ensemble de la zone euro en cas de turbulences sur les marchés.

La Commission pointe, une nouvelle fois un bon nombre, de déséquilibre, en particulier "la détérioration de la balance commerciale et de [la] compétitivité" de la France, épinglant également "le haut niveau de l'endettement public"

"En dépit des mesures prises pour encourager la compétitivité, il n'y a jusque-là peu de preuves d'un rééquilibrage", déplore-t-elle."Le climat des affaires défavorable, en particulier le faible niveau de compétition dans les services, aggrave un peu plus le déficit de compétitivité", ajoute-t-elle.

Dans le contexte du "semestre européen" de coordination des politiques économiques et budgétaires, la Commission souligne qu'elle procédera en juin à une nouvelle évaluation du respect par les pays membres de leurs obligations au regard du pacte de stabilité et de croissance et que, si nécessaire, elle pourrait alors proposer des "mesures appropriées" au Conseil européen.

Julien Marion avec Reuters