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Bruxelles va-t-elle sanctionner la France ce lundi?

La Commission avait, l'année dernière, axé ses recommandations sur la réforme des retraites.

La Commission avait, l'année dernière, axé ses recommandations sur la réforme des retraites. - -

La Commission européenne livre, ce lundi 2 juin, ses recommandations à l'égard des pays de l'Union. La France risque une nouvelle fois d'être pointée du doigt pour la mise en oeuvre trop lente des réformes de structures. Mais sans procédure de sanction pour déficit excessif.

L'exercice est délicat. Alors que les récentes élections européennes ont montré une percée des eurosceptiques, la Commission européenne doit livrer, ce lundi 2 juin, ses recommandations spécifiques à chaque Etat-membre pour favoriser la croissance. Bruxelles risque ainsi d'apparaître une fois de plus comme une donneuse de leçon, alors que la montée du FN français et de l'UKIP britannique ne joue pas en sa faveur.

Pour François Hollande, toute la question est de savoir quelles remarques la Commission va faire, après avoir examiné le programme de stabilité, transmis à Bruxelles début mai, et les 50 milliards d'euros d'économies contenues dans ce document. Et si elle va engager une procédure pour déficit excessif alors qu'elle a déjà placé la France sous surveillance renforcée. Ce qui parâit exclu.

Hollande inflexible sur le déficit

Lors de la publication de ses prévisions économiques de printemps, le 5 mai dernier, Bruxelles avait estimé que le déficit français atteindrait 3,4% du PIB en 2015, alors que Paris s'est engagé à l'amener à 3% à cette date.

La Commission indiquait alors avoir pris en compte une partie des économies prévues par le gouvernement français à l'horizon 2015, c'est-à-dire 17,5 milliards d'euros sur 21 milliards.

François Hollande a bien fait savoir, mardi 27 mai, lors d'un dîner avec les chefs des gouvernements européens, qu'il tiendrait cet engagement. "Des délais nous en avons eu, des assouplissements, il y en a eu aussi", déclarait-il. "Mais nous ne pouvons pas vivre avec une dette aussi lourde, avec des déficits qui se sont accumulé depuis des années", ajoutait-il.

Merkel comme alliée

Outre la question des économies, la Commission européenne risque de pointer une nouvelle fois le manque de réformes structurelles. Pour le moment l'exécutif français a été assez peu disert, communiquant surtout sur la réforme territoriale qui sera précisée cette semaine, et, dans une moindre mesure, sur la réorganisation hospitalière.

L'année dernière, les recommandations de la Commission avait fait grand bruit. Bruxelles appelait alors Paris à simplifier son système fiscal et à abaisser le coût du travail. Surtout, la Commission avait adressé plusieurs recommandations au gouvernement pour mener la réforme des retraites, préconisant notamment "d'adapter" l'âge de départ ou encore le taux plein.François Hollande avait finalement réussi à manœuvrer pour que Bruxelles retire dans ses recommandations ses références à l'âge légal de départ.

Cette année, le président français aura, au moins dans les paroles, Angela Merkel comme alliée. Lundi 26 mai, la chancelière allemande avait en effet loué les réformes menées par la France.

Julien Marion