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Bercy maintient l'objectif de 21 milliards d'économies en 2015

Bercy dévoile son cadrage budgétaire pour 2015.

Bercy dévoile son cadrage budgétaire pour 2015. - Bertrand Guay - AFP

Le ministre des Finances, Michel Sapin, et son secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert, ont convié la presse à Bercy ce mercredi 10 septembre pour dévoiler les grandes lignes du Budget 2015.

Dans le jargon, on parle de "cadrage macroéconomique du budget". Il s'agit de la vision du gouvernement sur la situation économique et des finances publiques, qui va servir de socle au projet de Budget pour 2015. Michel Sapin, le ministre des Finances, et Christian Eckert, le secrétaire d'Etat chargé du Budget, en ont dévoilé les grandes lignes ce mercredi 10 septembre à Bercy devant les journalistes.

Ils ont ainsi annoncé le maintien des 21 milliards d'euros d'économies prévus pour l'année prochaine, et des objectifs de déficit, revus à la baisse pour 2014 et 2015 avec un retour à 3% désormais programmé pour 2017, au lieu de 2015.

Voici les annonces de Michel Sapin à Bercy. 

> Les nouvelles prévisions de croissance et de déficit

Michel Sapin a acté un retour à des prévisions de croissance "modestes mais assumées". Elles sont désormais situées à 0,4% pour 2014 et 1% en 2015. 

"La situation s'est dégradée. L'économie française tourne au ralenti et n'atteindra évidement pas l'objectif de 1% de croissance", fixée au début de l'année, a répété le ministre. 

La faute à la faiblesse de la croissance et de l'inflation en Europe, selon lui. Justement, les prix ne devraient augmenter que très doucement pour Bercy: "+0,5% en 2014 et +0,9% en 2015".

Quant au déficit, les 3% s'éloignent. "La France n'atteindra pas cette année son objectif de déficit public malgré sa maîtrise totale du budget de l'Etat", insiste Michel Sapin."Il se situera à 4,4% du PIB, légèrement au-dessus de 2013". Il atteindra ensuite 4,3% du PIB en 2015, et ne repassera sous les 3% qu'en 2017. 

> Les objectifs d'économies maintenus

"Moins de croissance et moins d'inflation, c'est moins de recettes, mais c'est aussi moins d'économies", a souligné Michel Sapin. Pour autant, "la maîtrise de la dépense publique constitue un des piliers de notre politique".

Les objectifs de réduction sont maintenus: "nous irons jusqu'au bout des 50 milliards prévus pour 2017, à commencer par les 21 milliards dès 2015. Les 2 milliards d'économies qui ne seront pas réalisés à cause de la faiblesse de l'inflation seront compensés".

"Au total, les dépenses de l'Etat diminueront de plus de 1 milliard quand elles auraient naturellement augmenté de 6 milliards. La baisse des dotations aux collectivités locales sera confirmée à hauteur de 3,7 milliards".

Concernant la sécurité sociale, le rythme du ralentissement des dépenses de santé et les autres mesures complémentaires "seront présentées dans les prochaines semaines", a indiqué le ministre des Finances et des Comptes publics.

> Les aides aux entreprises s'appliqueront 

"Nos engagements seront honorés malgré la période difficile que nous vivons", promet le ministre. "C'est la constance qui crée la confiance". Il y aura bien 40 milliards de baisses de prélèvements sur les entreprises, dont 12 milliards en 2015, via le Crédit d'impôt compétitivité emploi et le Pacte de responsabilité. Et ce même si "un changement de normes comptables en Europe aboutit à ce que le CICE compte pour 0,2 points de PIB de plus que dans le système précédent".

"Aujourd'hui, la France a cessé de perdre des places dans les classements de compétitivité et les marges des entreprises ont recommencé à progresser", se félicite-t-il. C'est pourquoi il faut continuer dans cette voie: "le pacte de responsabilité sera mis en oeuvre dans son intégralité et selon le calendrier prévu". 

> Aucune nouvelle hausse d'impôt

"En 2015, aucune mesure ne viendra augmenter l'impôt sur le revenu des Français. Cette période est révolue. Notre objectif est la stabilité fiscale (...) pour les entreprises et pour les ménages", s'est engagé le ministre. 

"L'impôt sur le revenu sera baissé pour les classes moyennes", a-t-il ajouté. "Nous tiendrons nos engagements vis-à-vis des ménages", a encore promis le ministre. 

> Une politique européenne de croissance et d'investissement

"Le recul de l'activité en Allemagne et en Italie a déjoué tous les pronostics qui voyaient la croissance reprendre cette année", a estimé le ministre. "L'Europe, la zone euro et la France subissent une croissance et une inflation très faibles, que personne n'avait anticipé", a-t-il ajouté. 

A propos des objectifs de déficits non tenus, Michel Sapin assure que "nous ne demandons aucune modification ou suspension des règles européennes. Nous demandons la prise en compte collective d'une réalité qui nous concerne tous: une croissance trop faible et une inflation trop basse". "L'enjeu est de trouver au niveau européen le bon rythme de réduction des déficits, qui permette de préserver la croissance et qui passe par une réduction des dépenses".

Le soutien de la Banque centrale européenne est essentiel, a jugé en outre le ministre des Finances, selon qui "il a conduit à une baisse de l'euro depuis le printemps de 10 centimes par rapport au dollar. Mais l'Europe doit aussi parler de politique budgétaire commune".

N.G.