BFM Business

En difficulté, la CGT cherche à s'accrocher au train des gilets jaunes

Les manifestants CGT rassemblés place de la République samedi 1er décembre

Les manifestants CGT rassemblés place de la République samedi 1er décembre - Zakaria ABDELKAFI / AFP

Le syndicat mené par Philippe Martinez enchaîne les déconvenues. Ses dirigeants ont bien conscience qu'ils doivent définir une nouvelle stratégie. En attendant, les troupes sont appelées à se rapprocher des gilets jaunes "partout où c’est possible".

S’il en était besoin, la faible participation aux élections professionnelles aura confirmé la mauvaise passe des syndicats français. Et en particulier du plus bruyant d’entre eux: la CGT, dépossédée de son trône (public et privé confondus) par la CFDT, accuse le coup.

Car si le classement est anecdotique, la tendance est lourde. La confédération, qui était autrefois l’une des pires craintes des gouvernements, peine à mobiliser. Pire, elle indiffère. Les gilets jaunes, dont le mouvement s’est développé hors du paysage syndical, en témoignent.

"Parfois, on a un peu des œillères"

La centrale de Montreuil, qui compte toujours près de 650.000 adhérents, compte bien redresser la barre. Et comme toute opération reconquête, cela commence par un mea culpa. "La CGT devrait s’ouvrir et voir un peu plus la diversité du salariat : les contractuels, les intérimaires - surement la majorité des gilets jaunes - qui ne voient jamais un syndicat", a ainsi reconnu Philippe Martinez, son secrétaire général, invité vendredi de BFMTV et RMC. "Parfois on a un peu des œillères et on va discuter avec ceux qu’on connait déjà", a-t-il ajouté.

"On doit passer plus de temps avec les salariés, mieux écouter leurs doléances", abonde Fabrice Angei, membre du bureau confédéral. "Mais on n’est pas aidé! Beaucoup d’employeurs font en sorte que la CGT ne s’implante pas dans leur société, et l’État ne s’occupe pas vraiment de régler ce problème".

"On a méprisé les acteurs sociaux"

Autre regret des cégétistes: les réformes successives qui affaiblissent le syndicalisme. "L’évolution institutionnelle ne va pas dans le bon sens. On a méprisé les acteurs sociaux, les corps intermédiaires", déplore Fabrice Angei.

La confédération, qui se réunira en congrès à Dijon en mars prochain, devrait prochainement définir une stratégie claire en vue de son opération reconquête. En attendant, Philippe Martinez a appelé ses troupes à se rapprocher des gilets jaunes "partout où c’est possible". Le but étant de les convaincre d’également faire grève la semaine dans son entreprise parce que c'est le meilleur moyen d'influer et sur la politique du gouvernement et sur la politique du patronat."

Yann Duvert