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Economie et Social

Edouard Philippe défend la réforme des retraites

Le Premier ministre défend la réforme des retraites dans le journal Le Parisien

Le Premier ministre défend la réforme des retraites dans le journal Le Parisien - Thomas SAMSON / POOL - AFP

Grèves, situation des commerçants, âge d'équilibre... le Premier ministre revient sur la réforme des retraites et les conséquences de la mobilisation dans le journal Le Parisien.

Le Premier ministre prévient: "Je vois bien que tout le monde voit arriver Noël avec inquiétude. Noël, c'est un moment important. Mais il faudra que chacun prenne ses responsabilités. Je ne crois pas que les Français accepteraient que certains puissent les priver de ce moment", déclare le chef du gouvernement dans un entretien au Parisien, après dix jours d'un mouvement perturbant fortement les transports.

"Je ne dirais pas que tout le pays est en grève. Ce n'est pas un blocage total, mais c'est pénible. Le droit de grève existe, mais cet impact sur des millions de Franciliens, notamment, c'est aussi ce qui est recherché par certaines organisations syndicales", condamne-t-il.

Le Chef du gouvernement revient sur l'impact économique de cette mobilisation contre la réforme: "Il y a une gêne importante sur certains secteurs, l'hôtellerie, le tourisme, le commerce, mais pas de blocage total. J'ai en tout cas demandé à Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie et des Finances, de faire le point avec les commerçants pour suivre au jour le jour l'impact sur leur chiffre d'affaires. Nous étudions notamment des mesures de lissage pour le paiement de leurs cotisations sociales, afin qu'ils arrivent à passer le cap. On l'avait déjà fait au moment des Gilets jaunes".

Edouard Philippe défend également l'âge d'équilibre, l'un des principaux points de contestation: "On veut créer un système qui laisse la place aux choix individuels. Aujourd'hui, l'âge légal, c'est 62 ans. Mais, en vérité, tout dépend de votre durée de cotisation. Si vous voulez une retraite complète, il faut 42 voire 43 ans, donc rester parfois très tard. (...) À l'avenir, ces Français pourront partir plus tôt avec une meilleure retraite, ce qui est un grand progrès social. Et si on veut que les pensions soient préservées et que les cotisations n'augmentent pas, il faudra progressivement travailler un peu plus longtemps. D'après le Conseil d'orientation des retraites, il faudrait que l'âge de départ pour tous soit à 64 ans. Nous, nous créons un système où, si vous avez des revenus complémentaires et que vous voulez partir à 62 ans, vous pouvez le faire."

Concernant l'inquiétude des enseignants, le Premier ministre le répète: "notre objectif est de revaloriser (leurs) rémunérations", ce qui "commencera dès le 1er janvier 2021, selon des modalités qui sont à déterminer pendant le 1er semestre 2020 et qui s'appliqueront pendant plusieurs années", indique Edouard Philippe, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer s'y attelant.

Un simulateur officiel prévu pour 2020

Edouard Philippe revient également sur la mise en place, prochainement, d'un simulateur "officiel" pour permettre à chacun de mesurer les effets de la réforme. Le locataire de Matignon assure qu'il est en cours de construction: "ce n'est pas facile", car "il faut que toutes les hypothèses, toutes les données soient stabilisées". Il devrait être prêt "courant 2020, de préférence début 2020".

En attendant, "tous les simulateurs de retraite que vous voyez traîner sont faux" alerte le Premier ministre. "Quand le système sera lancé, il y aura une application pour ceux qui ont un smartphone". 

"Cette réforme, j'y crois. Je suis déterminé. C'est pour cela que je suis calme" assure le Chef du gouvernement, précisant toutefois: "je suis ferme sur la volonté de changer de régime, mais pas fermé, car j'ai dit dès le début que j'étais prêt à continuer à travailler sur les modalités d'application. Et c'est pour cela que j'ai appelé les partenaires sociaux à discuter dans le courant de la semaine prochaine. Le plus vite possible. Ma porte est ouverte".

Sandrine Serais avec AFP