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Aides à domicile, salariés de TPE: les déçus des primes "coronavirus"

Les députés ont rejeté l'amendement prévoyant une prime exceptionnelle pour les auxiliaires de vie.

Les députés ont rejeté l'amendement prévoyant une prime exceptionnelle pour les auxiliaires de vie. - THIERRY ZOCCOLAN / AFP

Les primes exceptionnelles pour les agents de la fonction publique et les salariés de la grande distribution laissent un goût amer à ceux qui en sont privés, comme les aides à domicile et les salariés de petites entreprises.

Des primes presque pour tout le monde. Les personnels de santé, les agents de la Fonction publique non-hospitalière, les personnels des Ehpad, les salariés de la grande distribution… Tous toucheront entre 500 et 1500 euros défiscalisés, à titre exceptionnel, pour leur travail pendant le confinement, ont annoncé leurs employeurs. Mais d’autres actifs, qui étaient eux aussi en première ligne pendant la pleine crise sanitaire, se sentent oubliés. 

C’est notamment le cas des aides à domicile. Ces centaines de milliers de personnes, souvent des femmes, qui s’occupent quotidiennement de personnes âgées ou handicapées. Pour des salaires nets moyens compris entre 900 et 1.150 euros, elles aussi ont continué de s’occuper de ces personnes à risque pendant le confinement.

Mais fin avril, les députés ont rejeté un amendement prévoyant de verser 1000 euros de prime aux auxiliaires de vie. “L’aide à domicile est la grande oubliée des décisions gouvernementales”, déplore ainsi Thierry d'Aboville, secrétaire général du premier réseau associatif des aidants à la personne dans Les Echos.

Autre population qui risque de déplorer un manque de reconnaissance pécunier: les salariés de TPE et PME. 90% d’entre eux souhaitent en obtenir, mais moins d’un quart des chefs d’entreprises de moins de 250 salariés seraient prêts à la leur verser, selon un sondage Harris Interactive pour Aesio publié dans Le Parisien

En outre, ces actifs espèrent à 73% une nouvelle échelle de salaires, tandis que 93% de leurs dirigeants ne veulent même pas en entendre parler. De quoi, selon le quotidien, “nourrir les tensions sociales” au sein de ces petites structures déjà très fragilisées par la crise sanitaire. 

Nina Godart