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5 décembre: une grève perlée "serait une catastrophe" pour les PME, prévient François Asselin

Invité sur le plateau d'Inside, le patron de la Confédération des petites et moyennes entreprises, François Asselin, redoute un scénario similaire à celui des gilets jaunes. Il appelle l'exécutif à "rassurer les Français" sur la réforme des retraites.

Nouveau tour de table pour le gouvernement et les partenaires sociaux. Ce lundi, François Asselin, président de la CPME a donc rencontré Edouard Philippe pour évoquer l'épineuse réforme des retraites alors que la grève du 5 décembre s'annonce très suivie dans le secteur public. Le patron a ainsi pu voir un exécutif "plutôt déterminé" et notamment un Premier ministre "plutôt serein" sur cette question, assure-t-il. Et apparemment sûr de lui: "Ils n'ont absolument pas envie de faire trois pas en arrière par rapport à l'annonce de cette réforme."

En réalité, deux visions de cette réforme existent. La première veut apporter l'équilibre budgétaire au régime, tandis que la seconde veut promouvoir une véritable réforme systémique. "Le Premier ministre n'a pas voulu trancher entre l'un et l'autre" poursuit François Asselin. Pour le Premier ministre, les mesures paramétriques "sont de facto dans la réforme", explique le patron de la CPME.

Augmenter la durée du temps de travail

Alors que faut-il attendre de la réforme? Le Premier ministre "a procédé par élimination." Pas question de diminuer les pensions ni augmenter les cotisations. Ne reste alors qu'un paramètre : la durée du temps de travail, croit savoir François Asselin, qui prêche aussi pour sa paroisse avec cette proposition.

En attendant d'avoir des précisions concrètes sur le projet de loi, s'il se maintien, "le premier exercice que doit faire l'exécutif c'est de rassurer les Français" insiste le patron de la CPME. Car la grève du 5 décembre pourrait avoir un large impact sur l'activité française.

"Après une grève massive, c'est toujours le jour d'après qui est à craindre" prévient François Asselin. "Si cette grève s'étend et devient une grève perlée, on ne voudrait pas se retrouver dans un scénario, qu'on a connu déjà l'année dernière à travers le mouvement des gilets jaunes, où à la veille des fêtes de Noël on se retrouve dans une situation de blocage économique. Ce serait une catastrophe avant tout et comme toujours, pour les plus fragiles : les petites entreprises et les très petites entreprises."

Thomas Leroy