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La Fnac va vendre des cigarettes électroniques à côté des livres

La toute nouvelle Fnac de Beaugrenelle, à Paris, incarne la stratégie de diversification des rayons.

La toute nouvelle Fnac de Beaugrenelle, à Paris, incarne la stratégie de diversification des rayons. - -

L'enseigne de biens culturels commercialise à partir de ce 4 mars des cigarettes électroniques "intelligentes" dans ses nouveaux rayons dédiés aux objets connectés. Un pas de plus vers sa diversification destinée à renouer avec les profits.

La Fnac poursuit sa diversification à tout-va : grâce à un partenariat avec le fabricant Smokio, elle commercialise à partir de ce 4 mars, des cigarettes électroniques "intelligentes" qui permettent de suivre sa consommation. Ce nouveau produit est destiné à enrichir son tout nouveau rayon dédié aux objets connectés, lancé en septembre dernier.

Car l'enseigne de distribution n'a plus les moyens de se limiter à la seule distribution de livres, vidéo et musique, en perte de vitesse. Et la montée en puissance d'Amazon n'arrange pas ses comptes.

Dans le cadre de son plan Fnac 2015, mis en place sous la houlette de son PDG Alexandre Bompard, elle tente de suivre l'évolution de marché vers le numérique mais aussi répondre aux attentes d'une clientèle familiale.

Ainsi, le distributeur a déjà ouvert dans ses magasins des espaces dédiés au petit électroménager, aux jeux et activités pour enfants, aux arts de la table, à la téléphonie mobile… Ces nouveaux produits représentent déjà 6% du chiffre d'affaires de la Fnac, soit autant que la musique.

La Fnac mise aussi sur un élargissement de son réseau de vente, en ouvrant des magasins plus petits au cœur des villes via des franchises, mais aussi en multipliant les points de distributions dans les gares et les aéroports.

Autre axe développé : le renforcement du numérique, et de la complémentarité entre les magasins et le site la fnac.com. L'enseigne va ainsi lancer une offre de musique en streaming.

Une année 2014 encore difficile

Les spécialistes de la distribution sont pourtant dubitatifs sur le bien-fondé de cette stratégie de diversification, craignant une perte d'identité du groupe.

Mais cette orientation commerciale, menée de front avec une politique de réduction des coûts de 55 millions l'année passée, semblent porter leurs fruits. Lors de la présentation, le mois dernier, de ses résultats annuels, la Fnac a affiché un résultat net de 15 millions d'euros, contre 142 millions de pertes en 2012.

Le chiffre d'affaires consolidé du groupe s'élève à 3,9 milliards d'euros, en baisse de 3,8% par rapport à 2012. Mais le 4e trimestre a montré une accélération de son chiffre d'affaires, en hausse de 0,6% et de ses parts de marché.

Même si la Fnac s'attend à une année 2014 encore difficile, elle souhaite donc poursuivre la transformation de son modèle commercial.

Coralie Cathelinais