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Cette start-up veut faire du vin sans alcool un juteux business

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- - Le Petit Béret

Le Petit Béret a mis au point des technologies qui lui permettent de fabriquer un vin qui n'a jamais contenu d'alcool. Une première qui lui ouvre les portes des très attrayants marchés moyen-orientaux.

Pour commencer, qu'est-ce que c'est que le vin sans alcool? Non, ce n'est pas du jus de raisin, mais bien un vin, qui suit plus ou moins les étapes de fabrication traditionnelles de son équivalent éthylique, et dans lequel aucun sucre n'est ajouté. Il est donc censé avoir le goût du vin, tout en étant consommable par ceux qui ne boivent pas d'alcool. Un marché jusque-là tenu par des vignerons australiens et américains, mais sur lequel les fabricants de spiritueux français sont de plus en plus nombreux à se lancer.

Pierre Charvin, Castel, Vinalis, Sylvain Gaudron, etc. Il suffit de taper "vins sans alcool" dans Google pour voir l'énorme offre qui se déploie. Notamment celle d'un petit nouveau, qui compte bien se démarquer par rapport aux autres: LePetitBéret.

Un alternative au Coca dans les palaces

La start-up co-créée par le meilleur Sommelier de France, Dominique Laporte, assure en effet que contrairement à ceux de ses concurrents, son vin n'a pas été débarrassé de son alcool par évaporation ou autre: il n'en a jamais été agrémenté. Cette prouesse réalisée grâce à un procédé breveté représente un avantage stratégique majeure pour le marché moyen-oriental, explique Fathi Benni, PDG fondateur du Petit Beret. Cela lui a permis d'obtenir l'agrément du Food Control qui régule les juteux marchés du Golfe ou de Malaisie, et qui exige que les breuvages n'aient jamais été alcoolisés.

Ainsi, Le Petit Béret s'est lancé à la conquête, notamment, des clients des palaces de Doha, Kuala Lumpur ou Abu Dabi, qui cherchaient une alternative au Coca-Cola pour accompagner leurs mets raffinés. Les vins Le Petit Béret ont bien un goût de vin. Même si l'équivalent du moelleux, assez sucré, se rapproche plutôt d'un jus, des consommateurs qui ne sont pas coutumiers d'en boire trouveront sans doute l'alternative convaincante.

Pepsico comme marraine 

Le Petit Béret, qui vend ses bouteilles une dizaine d'euros, réalise ainsi 35% de ses ventes à l'étranger. "On travaille avec plein de grands chefs, des palaces qui font du bœuf bourguignon sans alcool avec notre produit, au Moyen-Orient", souligne Fathi Benni. Le PDG insiste sur le fait qu'il vise aussi la clientèle française, comme les femmes enceintes, les sportifs, les végans, ceux qui font un régime, etc. L'entreprise vient également de nouer un partenariat avec le leader de la nutrition santé, Nutrisens.

En France, une dizaine de supermarchés distribuent son produit, et la majorité de ses ventes se font en ligne. Le Petit Béret a produit un million de bouteilles sur les 10 derniers mois. Très loin des 515 millions de litres de jus de raisin consommés en France chaque année, et à des années-lumière des 350 milliards de litres de Coca bus dans l'Hexagone par an. Mais ça n'empêche pas la petite start-up d'intéresser des géants de cette trempe. Le Petit Béret vient d'être recruté dans le programme d'incubation mondial de Pepsico, avec à la clé, des conseils, de l'accompagnement et même l'accès aux sites et aux moyens technologiques du mastodonte américain.

Nina Godart