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Alexandre Bompard : « la bataille du prix, ce n’est plus suffisant »

Le PDG de Carrefour était invité sur le plateau de Good Morning Business pour revenir sur la grande transformation « Act for food » lancée par le groupe.

Carrefour continue sa grande transformation. Alors que les grandes enseignes ont perdu du terrain face aux indépendants, le groupe dirigé par Alexandre Bompard entend reprendre l’avantage, avec un enjeu majeur : « La qualité alimentaire au service de tous » s’enthousiasme le PDG, invité ce mardi sur le plateau de Good Morning Business. Son « Act for Food », qu’on retrouve « aussi bien au fin fond de l’Argentine que dans la Creuse » est le nouveau moteur de la marque qui entend répondre aux nouvelles attentes des consommateurs en matière de qualité alimentaire.

« Aujourd’hui, on ne peut pas continuer comme avant et notre rôle est d’être au cœur de cette transition » avec des « actes concrets », plaide Alexandre Bompard. « Et ce n’est pas la qualité alimentaire pour les bobos parisiens, c’est la qualité pour tous ! »

Pour autant, le prix reste le nerf de la guerre. « Le consommateur veut que la qualité alimentaire soit là et en même temps il n’a pas envie, ou il ne peut pas, payer le prix pour ça » poursuit le PDG de Carrefour. « Alors notre rôle de grand distributeur, c’est d’arriver à résoudre cette tension par les volumes, par les process. »

« Les agriculteurs sont mes partenaires »

Mais comment faire baisser les prix sur des produits mécaniquement plus chers, comme les produits bio ? « C’est forcément plus cher au départ mais quand on va amener de la volumétrie, quand vous contractualisez sur la durée, sur de gros volumes avec des producteurs, vous abaissez les prix » assure Alexandre Bombard.

Et de renchérir : « Vous ne pouvez pas être un grand distributeur si vous ne gagnez pas la bataille du prix. Il faut gagner la bataille du prix mais ce n’est plus suffisant ».

Et dans cette transition, Alexandre Bompard se défend de léser les producteurs. « Bien sûr que tous les prix agricoles n’ont pas augmenté mais on a vu les prix d’un certain nombre de filière monter » assure-t-il. « La grande distribution, ce n’est pas l’ennemi de l‘agriculture. Moi, j’achète pour un milliard d’euros par an ! Les agriculteurs sont mes partenaires » précise-t-il, évoquant notamment la mise en place de contrats de longue durée avec les producteurs.

Reste à savoir si cela peut permettre à Carrefour de remonter durablement la pente, face à des indépendants qui semblent avoir pris l’ascendant. « Quand il faut transformer les modèles radicalement, être un groupe intégré, c’est plus facile » insiste le PDG. « Quand vous avez une unité de vision stratégique, vous retrouvez un avantage comparatif. » Le pari est pris.