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Brexit: les Britanniques font du stock et provoquent des embouteillages dans le Pas-de-Calais

Par crainte de voir les droits de douanes rétablis en cas de Brexit sans accord commercial, les Britanniques font du stock de marchandises. Des embouteillages se multiplient à la frontière.

Les négociations autour de l'accord commercial post-Brexit s'éternisent et un divorce brutal aurait pour conséquence le rétablissement de coûteux droits de douanes. En conséquence, les Britanniques font du stock de marchandises. Depuis plusieurs semaines, le trafic de poids lourds a bondi dans le Pas-de-Calais.

La Fédération Nationale des Transports Routiers du Pas-de-Calais a dénoncé jeudi une "gestion calamiteuse" des flux de poids lourds, dont la forte augmentation génère des embouteillages.

Le plan de gestion du trafic n'est pas à la hauteur des enjeux et on n'est pas encore au Brexit, cela promet! C'est déjà catastrophique depuis deux semaines et cela le sera jusqu'à la fin de l'année", a déploré le secrétaire général de la Fédération Nationale des Transports Routiers (FNTR) du Pas-de-Calais, Sébastien Rivéra.

Depuis plusieurs semaines, la préfecture constate régulièrement un engorgement des axes en direction des plateformes transmanches -ports des ferries à Calais et Eurotunnel à Coquelles- notamment de l'autoroute A16, et tente de les résorber, entre autres par l'activation de zones de stockage des poids lourds.

Selon Sébastien Rivéra, les Britanniques "sont en train de remplir leurs stocks comme jamais" par crainte des droits qui risquent d'être imposés à partir du 1er janvier, quand la période de transition du Brexit aura expiré. Des transporteurs qui travaillent avec la Grande-Bretagne depuis une trentaine d'années n'auraient "jamais connu de tels volumes".

Des milliers de camions en plus

Il souligne que les chauffeurs sont excédés par les embouteillages mais aussi par les intrusions de migrants qui en profitent pour tenter de monter dans les remorques et accuse les autorités d'avoir insuffisamment anticipé cette situation.

Nos transporteurs n'en peuvent plus, certains qui ne font que du local se retrouvent avec une activité complètement bloquée", déplore-t-il, jugeant insuffisante la capacité de stockage des camions au port et près du tunnel.

Selon la préfecture, plus de 8000 camions franchissent aujourd'hui la Manche chaque jour dans chaque sens, contre 6000 en moyenne habituellement. Un phénomène similaire avait été observé il y a un an lors du Brexit mais "dans des proportions moins impressionnantes".

Jeudi, ce sujet a été abordé au cours de la visite dans le Pas-de-Calais du Premier ministre Jean Castex, consacrée à l'avancement des préparatifs de la fin de la période de transition du Brexit.

P.D. avec AFP